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Le vrai du faux. Non, un Américain n'a pas gagné son procès en portant plainte contre lui-même

Antoine Krempf passe au crible des faits repérés dans les médias et sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, l'histoire d’un Américain qui porte plainte contre lui-même après avoir lancé un boomerang qui lui est revenu dans la tête et qui aurait gagné son procès.

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L\'histoire improbable d\'un Américain : il aurait porté plainte contre lui-même pour avoir lancé un boomerang qui lui est revenu dans la tête, et gagné son procès.
L'histoire improbable d'un Américain : il aurait porté plainte contre lui-même pour avoir lancé un boomerang qui lui est revenu dans la tête, et gagné son procès. (HENDRIK SCHMIDT / DPA)

Une histoire fait son grand retour ces dernières semaines sur Facebook et elle a toujours autant de succès. Il s'agit d'une photo de coupure de presse, titrée "Etats Unis : il porte plainte contre lui-même et gagne son procès".

300 000 dollars de dommages et intérêts

On y lira qu'un habitant du Kentucky, Larry Rutman, s'amusait à lancer un boomerang quand celui-ci lui est revenu dans la tête, causant des dommages durables à sa mémoire. L'homme en question aurait alors songé à porter plainte contre le fabricant. Sauf que le boomerang a parfaitement fonctionné, puisqu'il est revenu. Du coup, Monsieur Rutman a décidé de porter plainte contre lui-même, en réclamant 300 000 dollars de dommages et intérêts.

Résultat : bingo ! Le juge lui a donné raison et c'est sa compagnie d'assurances qui a payé la somme parce que le plaignant était protégé dans le cas où il blesserait quelqu'un. Cela donne des centaines de commentaires tels que "wahou, trop malin ce type qui réussi à détourner une faille du système judiciaire à son avantage, etc."

Une histoire inventée de toutes pièces en 1996

Evidemment, c'est faux. On imagine que l'histoire marche particulièrement bien en France car elle surfe sur le cliché des Américains qui portent soi-disant plainte pour tout et n'importe quoi. Le problème, c'est que toute cette histoire a été inventée par un tabloïd américain qui s'appelle le Weekly World News, un ancêtre lointain du Gorafi. L'histoire inventée du boomerang remonte à 1996.

Une légende urbaine à succès

Comme un boomerang, elle revient de longs jours plus tard. En fait, c'est le principe même des légendes urbaines. Tout comme le soi-disant appel au don pour sauver une fillette au CHU de Nantes, tout comme le soi-disant retrait de permis d'Anne Hidalgo pour excès de vitesse.

Ces histoires reviennent encore et encore : il suffit d'un message sur un compte populaire de Facebook ou sur Twitter pour relancer la machine. En l'occurrence, la rumeur du boomerang a refait surface grâce à des pages qui s'appellent "dormir moins bête" ou encore "le top de l'humour". Et pour le coup, les démentis n'y changent pas grand-chose.

L\'histoire improbable d\'un Américain : il aurait porté plainte contre lui-même pour avoir lancé un boomerang qui lui est revenu dans la tête, et gagné son procès.
L'histoire improbable d'un Américain : il aurait porté plainte contre lui-même pour avoir lancé un boomerang qui lui est revenu dans la tête, et gagné son procès. (HENDRIK SCHMIDT / DPA)