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Le vrai du faux. Bruno Le Maire refuse que l'enseignement de l'arabe soit financé "par les ambassades étrangères"

Bruno Le Maire,candidat à la primaire de la droite et du centre, veut supprimer un programme qui concerne l'enseignement de certaines langues vivantes à l'école. Raison invoquée : leur financement "par les ambassades étrangères". C'est presque vrai.

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Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite, ici à Jouy-en-Josas le 31 août.
Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite, ici à Jouy-en-Josas le 31 août. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Bruno Le Maire était samedi 3 septembre à La Baule pour l'université d'été des Républicains, comme les autres candidats de la primaire de la droite et du centre. Il s'est exprimé sur l'enseignement de l'arabe au CP. "L'enseignement des langues et des cultures des pays d'origine, a-t-il déclaré, c'est d'abord l'arabe qui est concerné. Et ça me pose une double difficulté. D'abord parce que c'est financé par les ambassades étrangères. Et je ne vois pas pourquoi des ambassades financeraient des enseignements dans l'école de la République."

Des ambassades participent au financement d'un programme d'enseignement des langues ?

C'est vrai, à un détail près : ce ne sont pas des ambassades qui financent, mais les Etats, directement. Les programmes cités par Bruno Le Maire sont les enseignements des langues et des cultures des pays d'origine (ELCO). Ils sont nés à la fin des années 1970 pour ne pas couper les enfants des travailleurs immigrés de leurs pays. Aujourd'hui, il s'adresse aux enfants dont les familles en font la demande.

Cela concerne neuf pays, qui ont signé des accords bilatéraux avec la France : l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Croatie, la Serbie et la Turquie. Ces pays détachent des intervenants, un peu sur le modèle de nos anciens coopérants à l'étranger. Ce ne sont pas forcément des enseignants professionnels. Ils ne sont pas soumis à des inspections académiques comme les professeurs et ne sont pas obligés, en théorie, de maîtriser le français.

L'arabe est-il la première langue du programme ?

C'est vrai. Plus d'un enfant sur deux en ELCO étudie l'arabe. Un chiffre à relativiser : d'abord parce que qu'il n'y a au total que 85 000 élèves qui suivent le programme ELCO sur plus de 6 700 000 enfants en primaire. L'anglais reste de très la loin la première langue scolaire, étudiée par neuf élèves sur dix en primaire.

Le Maire peut-il supprimer ce programme ?

Bruno Le Maire souhaite supprimer les ELCO. Cela ne devrait pas lui demander un gros effort puisque les ELCO sont déjà en voie d'extinction. La ministre Najat Vallaud-Belkacem a annoncé en avril leur suppression progressive. Les accords passés avec les neuf pays sont en train d'être renégociés pour que l'étude de ces langues en primaire se fasse dans un autre cadre : les intervenants proposés par les pays étrangers seront sélectionnés plus rigoureusement, soumis à inspection et obligatoirement francophones. Les ELCO devraient disparaître définitivement en 2018.

On se résume...

Plutôt vrai, pour Bruno Le Maire. Il existe bien des enseignements financés par des Etats étrangers, il s'agit des enseignements des langues et des cultures des pays d'origine (ELCO). Mais ils concernent 85 000 élèves sur 6,7 millions et sont en voie de suppression à l'horizon 2018.

Et puis non, Dmitri Medvedev n'était pas punk dans les années 80

Autant le président russe Vladimir Poutine aime s'afficher mitraillette en main ou en treillis-canne-à-pêche sur les photos. Autant son premier ministre et fidèle collaborateur, Dmitri Medvedev préfère les guitares. Mais cette très belle photo noir et blanc du photographe russe Igor Moukhine montrant un jeune punk en lunettes noires, tirant la langue à l'objectif en 1986, façon Clash, ce n'est pas lui. Il y a une ressemblance, c'est vrai. Et le fil Twitter d'amoureux de vieilles photos History Lovers Club s'y est laissé prendre, piégé par une page Facebook russe.

Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite, ici à Jouy-en-Josas le 31 août.
Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite, ici à Jouy-en-Josas le 31 août. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)