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Le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée dit-il vrai sur le "plan social" de Renault ?

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Renault prévoit de supprimer 7.500 postes d'ici 2016, soit plus de 15 % des effectifs de la marque au Losange. Selon le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, Thierry Mandon, il s'agit du "plus gros plan social, toutes filières confondues, de toutes ces dernières années". Vrai ou faux ?
Article rédigé par
Radio France
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Faux.

Déjà parce que ce n'est
pas un plan social. Il n'y aura ni licenciements secs, ni guichet de départ.
Mais des départs à la retraite non remplacés, et des retraites anticipées.

7.500 suppressions de postes chez Renault , c'est
beaucoup : plus de 15 % de l'effectif du deuxième constructeur français.
Mais c'est moins que ce que perdent de plus petites entreprises du secteur.
"C'est un peu l'arbre qui cache la forêt", explique Denis Ferrand.
"Ce sont souvent les pertes d'emplois dans les plus petites entreprises qui
viennent irriguer les flux d'entrée à Pôle emploi",
poursuit le directeur
général de COE-Rexecode. 

Le secteur de la fabrication de matériel de transport (automobile,
aéronautique, ferroviaire, maritime) a détruit entre 2007 et 2012 près de
50.000 emplois, soit plus de 11 % de ses effectifs (intérim compris). Mais
proportionnellement plus dans cette forêt de PME que sont les sous-traitants,
que chez les grands constructeurs.

"La France a raté sa poliitique
industrielle. Nos industries ne sont pas sur le bon créneau et cela fait très
longtemps que ça dure" (Noël Amenc)

D'autres secteurs industriels trinquent
encore plus. La transformation du bois par exemple, a perdu en France, en cinq
ans, 20 % de ses effectifs. Le plus souvent le plus discrètement du monde,
à coups de quelques licenciements par ci et quelques-uns par là.

Rien qu'entre 2009 et 2011, l'industrie française a détruit au total
100.000 emplois et fermé 900 usines
 : "La France a raté sa politique
industrielle",
explique le chercheur Noël Amenc. "Nos industries ne
sont pas sur les bons créneaux et cela fait très longtemps que ça dure",

poursuit-il. "Nous avons raté la révolution de l'électronique grand public
et surtout celle des nouvelles technologies de l'information et de la
communication. Les politiques de filières industrielles ont souvent été une
manière de concentrer des subventions sur de grands groupe, au détriment des
PME. Or, ce qu'il manque en France, c'est ce qu'il y a en Allemagne : 500
entreprises de taille moyenne, leaders dans des secteurs où la qualité,
l'innovation, comptent plus que le prix",
conclut Noël Amenc, professeur
de finance à l'EDHEC.

Mal positionnées, et
depuis longtemps, l'industrie française subit de plein fouet une double
compétitivité : celle de l'offre, venant de pays comme l'Allemagne, et celle du
prix, venant de pays à bas coûts. Conséquence : nos entreprises ont une
création de valeur ajoutée trop faible, quelque soit le secteur d'activité. Et
elles ne peuvent donc pas redistribuer ce qu'elles ne réussissent pas à créer.

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