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La ministre de la Transition écologique a-t-elle raison de dire que "beaucoup de Français n'ont pas de climatiseurs chez eux" ?

Interrogée sur l'impact environnemental de la climatisation, Amélie de Montchalin a insisté sur la rénovation énergétique au lieu des climatiseurs, dont le taux d'équipement est en constante augmentation ces dernières années.

Article rédigé par franceinfo, Joanna Yakin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 84 min
Photo d'illustration.  (LAURENT CARO / MAXPPP)

Faudra-t-il limiter la climatisation cet été pour diminuer les conséquences environnementales ? À cette question, la ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, interrogée dimanche 5 juin sur LCI, a simplement appelé les Français à "être sobre".

À quelle température faudrait-il, par exemple, régler la climatisation cet été ? Amélie de Montchalin n'a pas donné de détails, ni de consigne. "D'abord je crois que beaucoup de Français n'ont pas de climatiseurs chez eux", a-t-elle fini par argumenter, préférant rappeler la nécessité que "l'on construise les logements différemment, qu'on les isole".

25% des ménages équipés d'un climatiseur

D'après l'Ademe, l'Agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'énergie, 25% de foyers étaient équipés d'une climatisation, selon une enquête réalisée à l’été 2020 par CODA Stratégies auprès de 800 ménages. Dans le détail, une bonne moitié dispose de climatiseurs fixés au mur, tandis que l'autre moitié possède plutôt des climatiseurs mobiles. Si seul un quart des ménages sont équipés, cela varie toutefois assez logiquement en fonction du lieu d'habitation. Ainsi, seuls 11% des Bretons possèdent une climatisation, contre 47% des habitants du Sud-Est et de la Corse. On trouve par ailleurs davantage de clim' chez les propriétaires de maison que dans les appartements.

Si Amélie de Montchalin a raison de dire que peu de foyers sont dotés d'un système de climatisation, elle omet toutefois de mentionner que leur nombre progresse nettement ces dernières années. L'Ademe explique ainsi que "le taux d'équipement est en constante augmentation" : nous sommes passés de 14% de ménages équipés en 2016 à 25% en 2020, soit une progression de quasiment dix points en seulement quatre ans. L'Ademe précise qu'en 2020, "pour la première fois", on a vendu plus de 800 000 appareils alors que la moyenne était longtemps restée à 350 000 ventes par an. Pour l'Ademe, "la multiplication des épisodes caniculaires au cours des dernières années a conduit à un essor des marchés des équipements de la climatisation et en conséquence des taux d’équipements des ménages et des entreprises". 

Des impacts environnementaux "significatifs"

Surtout, l'Ademe estime que "la climatisation pèse donc désormais de manière significative dans les consommations d’énergie nationales et dans les émissions de CO2".

Les appareils de climatisation ont donc bel et bien des conséquences sur l'environnement. D'abord parce qu'ils consomment de l'électricité, ensuite parce que les climatiseurs contiennes des fluides frigorigènes qui "contribuent fortement à l'émission de gaz à effet de serre", explique l'Agence.

Si l'on additionne la climatisation chez les particuliers et dans le secteur tertiaire, la climatisation de confort comme on l'appelle représente tout de même 5% des émissions de CO2 du secteur du bâtiment, précise l'Ademe.

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