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Espionnage NSA : vraie ou fausse surprise de Jean-Marc Ayrault ?

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Le Vrai du faux se penche ce matin sur l'affaire de l'espionnage américain en France révélée par Le Monde hier. Des documents récupérés par le journal révèlent que la NSA, l'agence de sécurité américaine, a mis en place un vaste plan de surveillance de terroristes présumés, mais aussi de personnalités économiques ou politiques. Jean-Marc Ayrault se dit "profondément choqué" mais est-ce une vraie ou fausse surprise pour l'Etat français ?
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Radio France
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Fausse suprise

Tous les experts sont d'accord : l'Etat français ne peut pas ignorer que les Etats-Unis s'intéressent de près aux informations sensibles sur le plan de la sécurité mais aussi économiques, politiques ou scientifiques de l'hexagone. 

Car cette nouvelle affaire d'écoutes massives n'est pas un cas isolé :

En juin dernier, des documents rendus publics par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden montrait l'existence de Prism, un programme d'espionnage d'échanges par téléphone et sur Internet.A la fin des années 90, un autre programme était dévoilé : Echelon. Un système chargé d'intercepter des conversations téléphoniques ou des fax à travers le monde.  ►►► lire notamment le rapport parlementaire de l'Assemblée nationale sur le système Echelon

Chacune de ces révélations a provoqué des levers de boucliers politiques et des demandes d'explication à notre allié américain.

Face à ces révélations, la France et l'Union européenne tentent à chaque fois de réagir, des rapports parlementaires sont publiés. En 2009, Paris a lancé l'Anssi, une agence nationale entièrement chargée de lutter contre cette guerre informatique. Plus de 300 personnes y travaillent en cette fin d'année et 200 embauches supplémentaires sont attendues d'ici 2016.

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La France n'est pas en retard sur l'espionnage

Paris serait même "l'Empire du Mal " en matière d'espionnage industriel et de vol de technologie, "plus néfaste que la Chine ou la Russie ". C'est ce que déclarait un patron allemand dans une note diplomatique récupérée par Wikileaks en 2011.

En février dernier, un rapport des services secrets américains affirmait que la France pointait à la deuxième place mondiale des cyber-espions, derrière la Chine mais à égalité avec la Russie et Israël.

Autre élément : en juin dernier, Le Monde révélait que la DGSE, les services de renseignements extérieurs, disposerait d'un système de surveillance du flux internet entre la France et l'étranger. Si l'objectif est la lutte contre le terrorisme, sans cadre légal, impossible de connaître l'étendue des informations récoltées 

Autre indice que la France s'intéresse de près aux échanges sur Internet : sur les six derniers mois de l'année, Google affirme avoir reçu de Paris 1.693 demandes de renseignements sur des utilisateurs. Un chiffre en constante augmentation, c'est le record d'Europe et rapporté au nombre d'internautes, presqu'autant qu'aux Etats-Unis.

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