Le rendez-vous du Particulier. Assurance obsèques : la tranquillité, mais pas à tout prix

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L’assurance obsèques présente certains avantages. Mais la promesse est-elle tenue ? Les réponses avec un dossier du mensuel "Le Particulier" du groupe Le Figaro. 

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L'assurance obsèques, un contrat à étudier avec vigilance. (Illustration) (JACKY LAM / EYEEM / GETTY IMAGES)

Garantir le respect de ses dernières volontés, ne pas faire peser l’organisation, ni le coût de ses funérailles, aujourd’hui compris entre 4 000 et 5 000 euros, sur ses proches. L’assurance obsèques présente certains avantages. Mais les consommateurs ne sont pas toujours avantagés. Des précisions avec Sophie Michelin-Mazéran, journaliste pour Le Particulier Magazine

franceinfo : Pourquoi l’assurance obsèques appelle une certaine vigilance de la part des consommateurs ?

Sophie Michelin-Mazéran : Si sa finalité est évidente, l’adhésion à une assurance obsèques se révèle moins simple qu’il n’y paraît, et pas toujours avantageuse. En réalité, il existe sur le marché différents types de contrats dont les rouages sont mal maîtrisés par les consommateurs, souvent âgés, et pas suffisamment expliqués par les professionnels qui distribuent ces produits.

C’est d’ailleurs ce que vient de dénoncer, le gendarme des banques et des assurances, soit l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Par exemple, il peut arriver que la valeur du capital garanti à la souscription du contrat, soit inférieure au coût des obsèques le moment venu. A l’inverse, si vous adhérez trop tôt (c’est-à-dire avant 65 ans), cela risque de vous conduire à payer plus que nécessaire. Il est donc capital de faire le tri parmi les différentes offres.  

Existe-t-il des alternatives à l’assurance obsèques pour financer des funérailles ?

Tout à fait. Il en existe même un certain nombre. D’abord, il est possible de prélever jusqu’à 5 000 euros, directement sur le compte bancaire du défunt, pour financer ses obsèques. Ensuite, certaines mutuelles prennent en charge tout ou partie des frais funéraires. L’Assurance maladie verse également aux héritiers du défunt, cotisant au régime général de la Sécurité sociale, un capital décès forfaitaire de 3 472 euros, sous certaines conditions. Enfin, la Caisse nationale d’assurance vieillesse des salariés peut rembourser une partie des obsèques, dans la limite des arriérés de pension restant dus au défunt, et d’un plafond de 2 286 euros.  

Ces aides rendent-elles inutiles l’assurance obsèques ?

Pas forcément, notamment si le défunt est désargenté lors de son décès, ou si ses dernières volontés risquent d’être bafouées. A dire vrai, il n’est pas rare que des désaccords s’expriment dans les familles, notamment recomposées, sur le choix des funérailles. Et il faut savoir que les maisons de retraite et les EHPAD incitent leurs nouveaux résidents à souscrire une assurance obsèques pour simplifier les procédures lors du décès.  

Quelle formule de contrat choisir ?

Il en existe deux principalement. Si vous voulez juste soulager votre famille de tracas financiers, optez pour un contrat en capital. Vous devez alors fixer le montant destiné au règlement de vos funérailles et désigner un bénéficiaire qui sera chargé d’affecter le capital versé par l’assureur au paiement de vos obsèques. Mais pour être sûr que vos dernières volontés soient respectées, mieux vaut privilégier un contrat en prestations. Plus complet et plus cher, il garantit, le financement de vos obsèques ainsi que le détail précis de leur organisation, comme le déroulement de la cérémonie.

Une fois la formule choisie, quels types de financement privilégier ?

La périodicité et la durée de versement des primes sont des points importants à examiner. Si vous le pouvez, préférez le paiement en une seule fois, plutôt que sur une durée de 10, 15 ou 20 ans. Vérifiez alors, à l’aide de plusieurs devis, que vous allez constituer un capital suffisant pour financer vos funérailles, d’autant que le coût des obsèques augmente régulièrement au fil des ans.

Et attention aux formules avec paiement de primes viagères, c’est-à-dire tout au long de votre vie. Certes, elles ne s’élèvent qu’à une dizaine d’euros par mois, mais l’on risque de payer plus que le capital qui sera versé par l’assureur lors du décès.  

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