Le rendez-vous de la médiatrice. Le traitement éditorial sur franceinfo de l’arrivée de Lionel Messi au PSG

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Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo répond aux auditeurs au micro de la médiatrice des antennes de Radio France, Emmanuelle Daviet.

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Des milliers de personnes attendaient l'arrivée de Lionel Messi devant le Parc des Princes, le 11 août 2021. (ADRIEN HEMARD)

Nous avons reçu un abondant courrier au sujet de l’arrivée de Lionel Messi au PSG, des auditeurs ne comprennent pas que l’on ait autant parlé du joueur sur l’antenne.

Voici un premier message : "Je suis choqué par la façon dont franceinfo alimente l’hystérie collective autour du transfert de Messi. Vous montez cela en épingle au point d’en parler dans chaque Fil Info et d’en faire le "sujet principal" de vos journaux. C’est incompréhensible."

Emmanuelle Daviet : Matthieu Mondoloni peut-on expliquer ce choix éditorial aux auditeurs qui nous ont écrit ?

Matthieu Mondoloni : C’est un événement en fait l’arrivée de Lionel Messi. Je peux entendre tout à fait l’argument de cet auditeur, et notamment les personnes qui ne sont pas fans de foot. Mais même pour ceux qui le suivent, cette compétition et ce sport, de façon plus lointaine, l’arrivée d’un joueur aussi emblématique que Lionel Messi en France dans le championnat français est totalement inédit.

En fait, on n’a jamais connu ça dans l’histoire du foot français. Il y a eu l’arrivée de Neymar au PSG, il y a quelques années maintenant. Si Maradona était venu jouer en France, il y a de très nombreuses années, on se souvient que ça avait été envisagé par Bernard Tapie à l’Olympique de Marseille, on aurait eu la même couverture. C’est vraiment le côté inédit qui fait que nous avons donné cette ampleur à cette information.

On poursuit avec cette réflexion de plusieurs auditeurs : "Je trouve déplorable tout le temps que vous avez attribué au transfert de Messi quand on le compare au temps attribué au rapport du GIEC.À croire que le devenir de cet homme est plus important que celui de la planète".

Matthieu Mondoloni cette remarque vous paraît-elle recevable ?

Alors là aussi, j’entends les remarques de l’auditeur. C’est parce que pour Lionel Messi, c’était un feuilleton. Donc le sentiment qui peut être celui de nos auditeurs, est que ça a duré très longtemps. Il y a eu les négociations, l’arrivée possible, l’arrivée probable, arrivée réelle, la visite médicale, le premier match, donc, c’est quelque chose qu’on suit très longtemps.

Le rapport du GIEC, c’était effectivement le jour où il est sorti, où on a fait énormément d’invités à l’antenne sur ce sujet, parce que c’est un sujet majeur et important pour franceinfo. C’est une évidence, et surtout et je comprends que les auditeurs l’ait peut être moins perçu. Mais en fait, pendant tout l’été, nous avons fait énormément de sujets qui n’étaient pas liés directement au rapport du GIEC, mais qui étaient liés à cette question du dérèglement climatique. Je parle évidemment des incendies monstrueux qu’il a pu y avoir en Grèce, que nous avons couverts grâce à nos envoyés spéciaux.

Je parle également de ceux qui ont eu lieu dans le sud de la France. Je parle du dérèglement climatique de façon générale, des pluies diluviennes que nous suivons encore en ce moment aux États-Unis. Ces sujets sont très importants. Nous les couvrons et nous avons de nombreux invités, de nombreux reportages.

Le week end dernier, il y avait une grosse actualité internationale et sportive et un auditeur nous écrit : "Laissez-moi vous faire part de mon étonnement compte tenu de ce qui se passe en Afghanistan en ce moment, vous passez la moitié de votre journal à parler du match Reims PSG."

Matthieu Mondoloni, Comment s’opère la hiérarchie de l’information ? 

Alors là encore, c’est toujours en fonction de l’instant T. Plus on s’est rapproché du match et plus l’actualité qui allait être celle de l’instant T était celle du premier match de Lionel Messi. L’Afghanistan, on en a fait énormément, évidemment, depuis la prise de Kaboul par les talibans, même avant ça, quand ils se sont rapprochés de la capitale. Là encore, on a fait de très nombreux invités, y compris ce weekend-là.

D’ailleurs, je regardais la grille de franceinfo, c’est-à-dire le menu, si vous voulez pour nos auditeurs de ce jour-là. En fait, on a fait énormément de sujets sur l’Afghanistan, énormément d’invités, énormément de décryptages. Et effectivement, au moment du match, on a parlé du match et de ce premier match de Lionel Messi.

Un autre auditeur s’interroge : "Comment ose-ton accorder autant d’importance à Messi personne évidemment respectable mais totalement dépourvue d’utilité sociale ?"
Partagez-vous ce point de vue, Matthieu Mondoloni ?

Non, je ne le partage pas. Parce que déjà, le football en France, c’est plus de deux millions de licenciés et seulement de licenciés, donc de personnes qui jouent activement au foot. Donc, ça concerne beaucoup de monde. C’est des millions de téléspectateurs. Je ne parlerai pas que des chiffres pour une finale de la France en Coupe du monde, par exemple, qui rassemble plus de 20 millions de téléspectateurs, je crois. Donc, c’est un sport.

En fait, c’est le premier sport aujourd’hui en France qui est suivi par tous les Français. Ça les intéresse. Et après Lionel Messi, c’est aussi certes une star du football, mais un exemple pour plein d’enfants qui jouent au foot aujourd’hui, qui s’identifient à cette star du foot, qui ont envie de jouer au foot à cause de lui. Donc, il a valeur d’exemple et en ce sens, je pense, une certaine utilité sociale.

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