Le rendez-vous de la médiatrice. Le traitement éditorial du 11 septembre sur franceinfo et la couverture de l'actualité en Afghanistan

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Le traitement éditorial de la commémoration du 11 septembre 2001 sur l'antenne de franceinfo, mais aussi, l'Afghanistan et les conditions de reportage qui deviennent excessivement difficiles et dangereuses pour les journalistes, c'est au programme de ce nouveau numéro du rendez-vous de la médiatrice des antennes de Radio France, Emmanuelle Daviet. 

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Radio France
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11 septembre 2021. La cascade du memorial de Ground Zero. Cette année 2021 marque la 20e commémoration des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. (PAOLA CHAPDELAINE / HANS LUCAS /  AFP)

Jean-Marc Four, directeur de la rédaction internationale de Radio France et Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo répondent aux questions des auditeurs avec Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France.   

Emmanuelle Daviet : On commence avec le 11 septembre. C’est une date qui n’a pas la même portée historique pour tous les pays, même si pour une majorité des habitants de la planète, cette date évoque les attentats aux États-Unis. Au Chili, le 11 septembre 1973 correspond au putsch militaire et à la mort du président Salvador Allende.  

Des auditeurs ont écrit à ce sujet, car ils regrettent de ne pas en avoir entendu parler sur l’antenne. Matthieu Mondoloni, quelle explication peut-on leur donner ?  

Matthieu Mondoloni : C’est un événement d’une telle importance, on est sur une date ronde, 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001. C’est quelque chose qui a complètement bouleversé notre monde. Et c’est aussi pour cela qu’on est revenu sur cet événement avec une édition spéciale avec des journalistes envoyés à New York qui ont pu nous raconter ces commémorations, pleines d’émotion également.

On est revenu, on a regardé dans le rétroviseur, si j’ose dire, mais on s’est aussi projeté pour essayer de comprendre comment ce monde avait changé et après, sur les anniversaires, effectivement, il y a une espèce de réflexe journalistique, on fait souvent les comptes ronds pour les anniversaires plus éloignés, on n’y revient pas chaque année. Malheureusement, on a plein d’autres actualités que l’on doit traiter. Si je prends un autre 11 septembre, le 11 septembre 1922, il y a eu un coup d’État en Grèce, mais évidemment, on n’y revient pas non plus systématiquement.  

Jean-Marc Four : Juste un petit complément pour être précis et complet dans le cadre de l’une des journées spéciales de franceinfo, le vendredi 10 septembre, j’ai moi-même fait une chronique qui parlait effectivement des autres 11 septembre, qui ont d’autres significations ailleurs. C’est le cas du Chili avec Allende évidemment, et le début de la dictature Pinochet. C’est exact, mais c’est aussi vrai par exemple, en Catalogne, où c’est le jour de la Diada, la fête nationale, avec les grandes manifestations dans Barcelone, chaque année. Et en plus, c’est une actualité aujourd’hui, avec la reprise des négociations entre Barcelone et Madrid. Donc, on l’a traité certes à minima, mais on en a parlé quand même.

Emmanuelle Daviet : On poursuit avec l’Afghanistan. Jean-Marc Four, des auditeurs nous demandent comment travaillent les journalistes pour couvrir l’actualité en Afghanistan. Quels moyens sont déployés et quelles sont les difficultés rencontrées ?  

Jean-Marc Four : Elles sont nombreuses. Elles sont nombreuses, voire très nombreuses. C’est très difficile. D’abord, c’est difficile d’accès : il faut avoir un peu de chance parce qu’il faut tomber sur les bonnes rotations, passer au bon endroit au bon moment, c’est dangereux. Il faut dire les choses. C’est dangereux. Parce que même si les talibans veulent présenter bonne figure, en réalité, nombre d’entre eux ne nous accueillent pas avec bienveillance et que par-dessus le marché, il y a du grand banditisme, du racket. Il y a le groupe Etat islamique.

Donc c’est dangereux et ça coûte cher. Il faut avoir ça à l’esprit aussi. Ça coûte cher. Il faut des fixeurs, il faut des chauffeurs, il faut des traducteurs. Nous avons des moyens, certes, mais qui ne sont certainement pas ceux des grands networks américains, par exemple, qui dépensent des fortunes. Après, il y a plusieurs options pour rentrer par des vols humanitaires ponctuels, par le Pakistan ou le Qatar, par la route via le Pakistan, mais c’est dangereux.

Il y a aussi une troisième voie potentielle par l’Ouzbékistan. On est en train d’essayer de faire entrer nos journalistes grands reporters. Je ne vous dirai pas par quels moyens, parce que ce serait mettre leur mission en péril. Et on travaille aussi, j’ai cité le Pakistan et le Qatar, on a travaillé aussi beaucoup ces dernières semaines, depuis Doha, au Qatar, et depuis Islamabad, au Pakistan.  

Emmanuelle Daviet : Matthieu Mondoloni, la rédaction de franceinfo travaille évidemment aussi sur l’actualité de l’Afghanistan ?   

Matthieu Mondoloni : Exactement parce que, comme disait Jean-Marc, le temps que les journalistes puissent se rendre sur place, c’est très compliqué. On travaille aussi depuis Paris en essayant de recueillir des témoignages de personnes qui sont encore là-bas. C’est le travail de la rédaction internationale. C’est le travail du service reportage, mais également de ceux qui ont pu rejoindre la France et qui sont désormais réfugiés chez nous.  

Jean-Marc Four : Juste pour ajouter un petit mot, je voudrais saluer aussi la qualité de la coopération qu’on a avec le reste de l’audiovisuel public puisqu’on a beaucoup travaillé avec l’envoyé spécial sur place de Radio France Internationale, Vincent Souriau. C’était vraiment précieux d’avoir cette collaboration de l’audiovisuel public, et citer aussi un pigiste qui est sur place aujourd’hui, avec lequel on travaille très, très bien, et ce n’est pas facile, c’est Wilson Fache.  

Emmanuelle Daviet : Un auditeur nous écrit : "Je n’entends pas Omar Ouahmane sur la question afghane… Ça m’étonne un peu, suffisamment pour vous adresser ce mail ! Merci pour la réponse. Merci pour des nouvelles !"   

Où est désormais basé le grand reporter Omar Ouahmane ?  

Jean-Marc Four : C’est l’un des grands reporters de la rédaction internationale, bien sûr. Il est basé à Dakar parce que nous testons en ce moment l’hypothèse d’un positionnement plus durable en Afrique. Ça nous semble important. Il couvre notamment l’autre grande zone de conflit en cours qui nous intéresse, nous directement les Français, c’est-à-dire la zone du Sahel, Nord Mali, Niger, Burkina Faso.

Omar était à Tombouctou qui est, là aussi, une zone très dangereuse il y a quelques temps. Vous avez sans doute entendu ses reportages sur le Nord-Mali, d’où va se retirer la force Barkhane. Et ça inquiète les populations sur place. Et là, il y a quelques jours, il était en Guinée, où s’est déroulé un putsch militaire. Et vous allez entendre ces sujets aussi sur les antennes de Radio France.  

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