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L’apprentissage : solution miracle face au chômage des jeunes ?

La conférence sociale débute aujourd'hui : gouvernement, patronat et syndicat se retrouvent autour de la table, principalement pour parler emploi alors que le chômage continue d'augmenter. Pour tenter d'enrayer le chômage des jeunes, un des grands thèmes abordés lors de cette conférence sociale sera le développement de l’apprentissage.

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(Christophe Legardinier, plombier à Rueil-Malmaison, et son apprenti, Maxime © Radio France/ Isabelle Chaillou)

Depuis près de 30 ans, les gouvernements se succèdent avec tous la même idée : l’apprentissage serait LA solution au chômage des jeunes, la garantie d’une formation professionnelle et d’une insertion professionnelle réussie. Mais la réalité est beaucoup plus contrastée. 

Pour passer un  CAP,  il faut décrocher un contrat d’apprentissage et donc trouver une entreprise. Or avec la crise, les patrons d’entreprise hésitent à s’engager. Pierre Gomez, le directeur du Centre de Formation des Apprentis (CFA) de Rueil-Malmaison dans les Hauts de Seine, le constate chaque jour : "nous avons près de 352 jeunes qui sont venus s’inscrire pour devenir, plombier, maçon, chauffagiste... et nous n’ avons réussi à en positionner que 56 en entreprise. Nous sommes en grande difficulté. Les entreprises font une pause dans l’apprentissage car elle ne savent pas quelle sera leur activité demain."

(Elodie ne trouve pas d'employeur © RF/ Isabelle Chaillou)

Elodie, 19 ans, fait partie de ces candidats à l’apprentissage qui ne trouvent pas d’entreprise. Cette bonne élève a quitté volontairement la filière générale parce qu’elle avait une vocation pour la menuiserie. Elle est inscrite en CAP au CFA de Rueil-Malmaison, mais jusqu’a présent toutes ses démarches se sont soldées par un échec : "Je me deplace dans les entreprises, car je sais qu’un simple coup de téléphone ne suffit pas, j’ ai envoyé une quarantaine de CV, je me suis inscrite sur des sites où il y a des offres d’alternance... et pour l’ instant, rien. Si d’ici la rentrée je ne trouve pas un menuisier qui veut me prendre comme apprentie, je ne sais pas ce que je vais faire."  Elodie n’est pas un cas isolé.  En un an, toutes filières confondues, le nombre d'apprentis a chuté de 8%, soit 24.000 jeunes de moins.

Le patronat réclame la suppression des charges

Pour le Medef, il n’ y a pas que la crise qui explique cette érosion du nombre d’apprentis. L’organisation patronale met aussi en cause des contraintes réglementaires excessives, et surtout la réduction voire la suppression de certaines aides ( fin de l’aide à l’embauche d’un alternant supplémentaire, réduction de l’ICF, indemnité compensatrice forfaitaire...). Pour relancer l’apprentissage, le Medef  réclame donc la suppression totale des charges sur l'embauche d'un apprenti.

Zéro charge ce serait un plus pour Christophe Legardinier. Ce plombier des Hauts-de-Seine a déjà formé trois apprentis, mais il a parfois eu du mal à trouver de bons candidats : "Le travail manuel est difficile, il y a des jeunes qui aiment ça mais ils sont rares... beaucoup d’autres se disent : 'qu’est ce que c’est que ce truc !'". Pourtant l’artisan croit profondément aux vertus de l’apprentissage : "C’est la meilleure école, c'est comme cela que l’on forme nos futurs employés."

 

Il forme d’ailleurs actuellement Maxime, 16 ans, qui finit sa première année de CAP. Maxime gagne 750 euros par mois... et pour rien au monde il ne voudrait faire autre chose. "Tout se passe bien, il m’apprend beaucoup de choses, et j’ adore mon métier : poser un robinet c’est facile, mais quand on manipule du cuivre... c’est beau à voir, c’est un art."  

(Christophe Legardinier, plombier à Rueil-Malmaison, et son apprenti, Maxime © Radio France/ Isabelle Chaillou)