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L'Iran à la veille des élections présidentielles

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Qui succédera à Mahmoud Ahmadinejad ? Vendredi, 50 millions d'iraniens se rendent aux urnes pour élire leur prochain président. Reportage auprès d'une population iranienne désenchantée, qui lutte au quotidien pour joindre les deux bouts, et espère un nouveau président moins provocateur.
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Radio France
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Depuis 2009, et la réélection controversée d'Ahmadinejad, le régime a muselé les opposants, dont beaucoup croupissent encore en prison. Les services de sécurité ont resserré les maigres espaces de liberté, Internet est contrôlé et censuré, les réseaux sociaux sont sous haute surveillance.

Les gens sont désabusés, les jeunes notamment, beaucoup d'ailleurs n'iront pas voter. "Dans ces élections, les gens n'ont pas une très profonde espérance pour ce qui va venir ", explique la comédienne Leili Rachidi.

Certains n'ont pas les moyens de se payer des médicaments...

Le plongeon économique du pays est vertigineux : il s'est accéléré depuis un an à cause de sanctions de plus en plus dures. La monnaie locale, le riyal, a perdu 80% de sa valeur par rapport au dollar, l'inflation dépasse les 30%. Un exemple de cette spirale infernale : en un an, le prix d'une voiture de base fabriquée en Iran... a doublé ! Alors évidemment, au quotidien, les gens sont touchés de plein fouet, notamment la classe moyenne. Bref, les Iraniens vivent au jour le jour.

"Les prix augmentent d'heure en heure, aussi bien la nourriture, l'essence, les pièces détachées. Les prix sont tellement élevés pour certains médicaments pour des maladies graves, qu'il n'y pas la possibilité de les acheter, il y a le marché parallèle bien sûr ", explique l'universitaire Azadeh Mohamedi.

... d'autres se payent des Porsches à 300.000 euros

Et puis, il y a une minorité qui s'enrichit, notamment des hommes d'affaires proches du régime. Le reporter de France Info a visité un concessionnaire du quartier d'Abbas Abad qui écoule des voitures de luxe, notamment des Maserati et des Porsche, à des prix qui varient entre 100 et 300.000 dollars. Pour lui, les sanctions n'ont rien changé.

A Téhéran, on trouve tout, y compris le dernier cri du matériel informatique, de la téléphonie mobile ou des tablettes tactiles. Tout est importé de Dubaï. 

Un nouveau président moins agressif ?

Dans les campagnes, et dans les quartiers pauvres des grandes villes, les Iraniens vivent grâce aux bons alimentaires et aux services sociaux du gouvernement financés grâce au pétrole. Beaucoup d'Iraniens exercent plusieurs métiers dans la journée : fonctionnaire le matin, chauffeur de taxi l'après-midi. Et puis globalement, chacun compte sur sa famille pour survivre.

Les Iraniens ont aussi bien conscience que cette élection présidentielle est observée par les Occidentaux qui guettent la moindre évolution. Beaucoup d'Iraniens espèrent un nouveau président moins agressif et provocateur que Mahmoud Ahmadinejad. Les gens sont fatigués de sa réthorique guerrière. 

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