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François Hollande en Algérie : "L'inévitable" question coloniale

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François Hollande commence ce mercredi un déplacement en Algérie. Au programme de cette visite d'Etat : de l'économie et de la politique. Les rapports entre les deux pays ont longtemps été pollués par le passé colonial. Question de la repentance de la France, cas de Maurice Audin, éventuelle intervention au Mali, les sujets de discussion sont nombreux et parfois douloureux.
Article rédigé par
Radio France
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Alger et Paris montrent
une volonté commune d'aller de l'avant dans leurs relations délicates, sans
pour autant occulter le passé. Après avoir longtemps demandé la repentance de
la France pour ses crimes coloniaux, l'Algérie semble moins crispée sur cette
question qui a pollué les rapports entre les deux pays depuis des décennies.

François Hollande a fait
récemment des gestes appréciés, mais il doit aussi tenir compte des harkis et
des pieds noirs. De Mitterrand à Sarkozy, en passant par Chirac, l'histoire et
le passé colonial ont été déterminants dans les relations franco-algériennes.

La question de la repentance longtemps
réclamée par les Algériens est en train d'évoluer chez les responsables
politiques. Cela n'a pas empêché  le
ministre algérien des Affaires étrangères de redire il y a quelques jours que la question de la mémoire et du passé colonial
serait "inévitable" .

Pour les Algériens c'est toujours un
sujet sensible. On n'oublie pas 132 ans de colonisation et une guerre
d'indépendance meurtrière, mais il y a les préoccupations de l'Etat, et celle
du peuple qui fait bien la différence : "C'est au nom de l'Etat
qu'on a tué, donc l'Etat doit demander repentance
", dit une jeune femme
qui estime en même temps que pour le peuple, tout cela est de "la poudre
aux yeux
".

Alger
se fait belle pour Hollande

Aujourd'hui,
les Algérois regardent avec une pointe d'humour leur ville que l'on repeint
pour la venue du président français, mais la préoccupation des jeunes, c'est plutôt
l'avenir et que l'on tourne la page : "Qu'ils nous fassent des
excuses, ça me gonfle
", explique une jeune interprète.

Va-t-on
avancer, enfin, avec François Hollande qui n'a pas de passif avec l'Algérie, et
qui a donné des signes positifs qui semblent appréciés par le président
Bouteflika ? Peut-être.

La
repentance, on peut en discuter

Il
est vrai que le geste du président français reconnaissant la répression
sanglante du 17 octobre 1961 à Paris est un pas apprécié, mais jusqu'où
ira-t-il dans la reconnaissance du fait colonial ? Mohamed AlCorso, historien, était
jusqu'alors parmi les plus virulents : "La repentance, on peut
désormais en discuter
" car Hollande a donné des signes positifs, mais
"il faudrait qu'il reconnaisse que le fait colonial  a été destructeur en Algérie. "

Hommage
à Audin

François
Hollande doit faire un autre geste très symbolique en arrivant à Alger. Il se
rendra place Audin, au cœur de la capitale algérienne. Maurice Audin était un
mathématicien communiste, qui avait pris parti pour la guerre d'indépendance
des Algériens. Il avait disparu après avoir été arrêté par des militaires
français en 1957.

Les historiens pourront-ils enfin se plonger dans cette histoire
douloureuse ? C'est le rêve algérien de Tarik Guezali, un ingénieur franco
algérien qui vit sur les deux rives de la Méditerrannée à Marseille et à Alger,
et qui rêve d'une réconciliation "comme la France et l'Allemagne ont
su le faire
".

 

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