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Aung San Suu Kyi, figure emblématique de la contestation birmane, arrive à Paris

Aung San Suu Kyi arrive tout à l'heure en France, terme d'une tournée européenne triomphale. Prix Nobel de la paix en 1991, son courage a permis à la communauté internationale de s'intéresser à la situation en Birmanie. Mais le combat Aung San Suu Kyi continue pour faire avancer les droits dans son pays.

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Si la communauté internationale s'intéresse à la
Birmanie, c'est a travers Aung San Suu Kyi qui a su porter son combat, d'abord  dans son pays. Sa légitimité lui vient d'abord
de ses origines. Elle est la fille du général Aung Sun, héros de l'indépendance.
Mais pas uniquement. Les jeunes Birmans, ceux qui sont partis après les émeutes
de 88 ont vite compris sa force : "Elle sait parler au peuple"

En France, la communauté birmane ─ une centaine de personnes, est présidée par un moine bouddhiste. Il a d'ailleurs
transformé son appartement en monastère. Thusar, une jeune femme arrivée en France il y a près de dix ans pour
poursuivre ses études s'y rend souvent. Elle s'est engagée au côté d'Aung
San Suu Kyi. Cet engagement lui est venu après une découverte : la vraie
vie est ailleurs qu'en Birmanie qui est une prison. Thusar a mal pour sa
famille qui ne connaît pas la liberté.

Une figure à la tête d'un combat

Aung San Suu Kyi va donc obtenir  le prix Nobel de la paix en 1991, après que la junte a
annulé les élections. Et c'est véritablement a partir de là que le monde
s'intéresse à la Birmanie. Jusqu'à maintenant la fédération des droits de l'homme
avait bien du mal à faire passer ses critiques, en s'attaquant à Total ses
contrats qui bénéficiaient à la junte birmane, cela gênait surtout les
diplomates.

La figure emblématique d'Aung San Suu Kyi va être
beaucoup plus efficace pour que la mayonnaise prenne, analyse Anne Marie
Hubbart, ancienne secrétaire générale de la 
Fédération internationales des droits de l'Homme. C'est une grande
politique comme Mandela. Elle sait avec sa politique non violente renverser
les valeurs et ce n'est plus elle qui a peur, mais la junte militaire et ses généraux.  

Une lutte à poursuivre

Dès lors, des artistes des intellectuels se
mobilisent. La parole de quelqu'un comme Stéphane Hessel, par exemple, a du
poids quand il la cite en exemple pour sa détermination. "Ne jamais lâcher
le morceau, c'est l'exemple a suivre"
, explique-t-il.

Evidemment  l'histoire n'est pas
finie. Certes Aung San Suu Kyi a été finalement élue, elle est député à la
tête d'un groupe qui ne compte que 40 députés sur un millier au sein de
l'assemblée birmane. "Notre pays est comme un bébé, il a besoin de
beaucoup de soins de la part de tout le monde"
,  explique une jeune
birmane. Sans compter les problèmes dans l'ouest du pays entre communautés.
Ainsi les musulmans n'ont jamais été acceptés. Il y a également le conflit avec
le peuple Karen. 

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