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Le mot de l'éco. Une fée très courtisée : l’électricité

L'électricité, plus fée que jamais. Et les prétendants qui lui font les yeux doux en ce moment ont les bottes pleines de pétrole.

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\"La fée Electricité\" : le célèbre tableau de Raoul Dufy au musée d\'art moderne de la ville de Paris.
"La fée Electricité" : le célèbre tableau de Raoul Dufy au musée d'art moderne de la ville de Paris. (MUSEE D'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS)
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La fée Électricité a de nouveaux prétendants. Si on vous donne les noms de ces doux princes, ce n’est peut-être pas l’image du fin chevalier sur son blanc destrier qui vous viendra à l’esprit. Jugez plutôt : Shell, Total, British Petroleum, Eni.

Les majors compagnies du secteur pétrolier sentent le vent tourner. Elles préparent la fin du pétrole roi. Et l’électricité leur apparaît comme l’énergie du XXIe siècle. Selon l’agence internationale de l’énergie, le pic mondial de la consommation pétrolière se situe aux alentours de 2025. Pas très loin donc. Et la demande d’électricité va grimper plus vite que celle du pétrole.  

Les grands pétroliers prennent position dans le secteur  

Ils n’en font plus mystère. Le mois dernier, le groupe anglo-néerlandais Shell a même claironné qu'il comptait devenir le numéro 1 mondial de l’électricité en 10 ans. La semaine dernière il a créé son groupe Shell Energy, qui regroupe les actifs qu’il a achetés dans l’année. Toujours en Grande-Bretagne, British Petroleum, qui avait fait une première tentative il y a 20 ans avant de se raviser, est revenu sur le solaire et la distribution d’électricité en 2017.  

Le français Total n’est pas en reste. L’an dernier il a racheté Direct Energy avec ses centrales au gaz et aux énergies nouvelles. Et en février dernier, il s’est positionné sur le projet éolien offshore de Dunkerque, face à EDF. Et en 2017, il avait lancé son offre Total Spring qui vend de l’électricité et du gaz aux particuliers. Il vise sept millions de clients en 2022.  

EDF et les acteurs historiques du secteur grincent des dents  

EDF n’apprécie pas évidemment, et son PDG, Jean-Bernard Lévy, persifle sur Total, estimant que le pétrolier n’a pas les synergies pour commercialiser de l’électricité. "On verra", répond Total. Il est vrai que pour devenir électriciens, les pétroliers vont devoir changer quelques habitudes. Comme celle par exemple, sans doute bien agréable, de gagner vite beaucoup d’argent. Car les rendements des projets solaires ou éoliens tournent autour de 5 à 10%, moitié moins que les projets gaziers ou pétroliers.  

Les entreprises sont d’ailleurs curieusement pudiques sur la communication de leurs résultats dans les énergies renouvelables. La grande histoire du pétrole est jonchée de tentatives de diversification ratées, dans la nutrition, l’acier ou même le commerce de la crevette ou les couches-culottes. Cela dit, à moins d’une découverte scientifique majeure, la couche-culotte n’est pas prête de devenir l’énergie du XXIe siècle. Les pétroliers seront donc peut-être cette fois plus persévérants.  

\"La fée Electricité\" : le célèbre tableau de Raoul Dufy au musée d\'art moderne de la ville de Paris.
"La fée Electricité" : le célèbre tableau de Raoul Dufy au musée d'art moderne de la ville de Paris. (MUSEE D'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS)