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Le mot de l'éco. Les investisseurs demandent des actions d’urgence pour le climat

Avec la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le climat, c'est l’autre sujet de discorde qui anime le sommet du G20. Sommet qui doit s'achever aujourd’hui, samedi 29 juin, à Osaka, au Japon.

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Près de Lille, le mercure atteint les 37°C, le 24 juin 2019
Près de Lille, le mercure atteint les 37°C, le 24 juin 2019 (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Le président français, Emmanuel Macron, a prévenu qu'il refuserait de signer une déclaration finale ne défendant pas "l'ambition climatique". Le climat s’invite effectivement avec insistance au sommet du G20 qui doit s'achever ce samedi 29 juin, à Osaka, au Japon.

Le climat : sujet de tension "le plus difficile du sommet"

Depuis que les États-Unis ont décidé de se retirer de l'accord de Paris, censé accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le climat est devenu un sujet de tension "le plus difficile du sommet" même, dit-on dans l'entourage du président français.  

Emmanuel Macron veut que les grandes puissances réaffirment leur engagement de l’accord de Paris à lutter contre le réchauffement climatique, alors que les États-Unis, eux, essaient de rallier à leur position d'autres pays du G20, notamment le Brésil, la Turquie et l’Arabie Saoudite. Emmanuel Macron cherche manifestement à incarner une forme de champion de l’environnement sur la scène internationale, mais au-delà de la posture, le chef de l’état a effectivement fixé une ligne rouge en menaçant de ne pas signer la déclaration finale du sommet.  

Diplomatiquement, ce serait une première pour la France alors que les déclarations de fin de G20 sont toujours extrêmement consensuelles, élaborées au mot près.    

Lettre ouverte des investisseurs  

Cette semaine, 477 investisseurs qui pèsent 34 000 milliards de dollars, c’est-à-dire la moitié du capital investi dans le monde, ont adressé une lettre ouverte aux dirigeants du G20 pour leur réclamer des mesures d'urgence afin de lutter contre le réchauffement climatique. "Il est essentiel pour nos décisions en matière de planification à long terme que les gouvernements  travaillent avec les investisseurs pour y intégrer des scénarios en cohérence avec l’accord de Paris".  Accord de Paris qui prévoit de limiter la hausse des températures à moins de 2 degrés, d'ici 2100.    

Une démarche inédite  

Même si le plus gros gestionnaire d'actifs, BlackRock, ne s'est pas associé à cette initiative, on parle quand même d'investisseurs qui représentent plus de 30 000 milliards de dollars. Cela montre que le changement climatique est désormais considéré comme un risque sérieux, une menace pour la stabilité économique. Au fond, pour ces puissants investisseurs, c'est une question d'arbitrage : entre le coût des mesures qui pourraient être prises aujourd'hui pour limiter la hausse des températures et le coût futur du réchauffement climatique.

Les investisseurs inquiets pour l’avenir de la planète, peut-être. Inquiets pour l’avenir de leurs capitaux, certainement. Sans aucun doute, l’argument le plus percutant pour pousser les gouvernements à l’action.  

Près de Lille, le mercure atteint les 37°C, le 24 juin 2019
Près de Lille, le mercure atteint les 37°C, le 24 juin 2019 (PHILIPPE HUGUEN / AFP)