Le mot de l'éco, France info

Le mot de l'éco. La réforme de l'assurance-chômage en mode pause depuis le premier confinement

"Le mot de l'éco" aujourd'hui, c'est : assurance-chômage. Le candidat Emmanuel Macron, en 2012, portait haut la réforme du système, mais le coronavirus a donné un coup de frein au projet de l'exécutif et le texte a été retoqué par le Conseil d'État en novembre dernier. 

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Drapeau à l\'effigie de la Révolution française et gendarmes mobiles, lors de la manifestation contre la précarité et la réforme de l\'assurance chômage du samedi 5 décembre 2020 à Toulouse.  
Drapeau à l'effigie de la Révolution française et gendarmes mobiles, lors de la manifestation contre la précarité et la réforme de l'assurance chômage du samedi 5 décembre 2020 à Toulouse.   (SANDRA FASTRE / HANS LUCAS / AFP)

La refonte du système de l'assurance-chômage, c'était l'une des grandes réformes promises par le candidat Emmanuel Macron en 2012. Il souhaitait revoir le système d'assurance-chômage, l'ouvrir notamment aux indépendants. Dans les faits, cette extension aux non-salariés a été extrêmement limitée, faute de moyens financiers.

La crise du Covid-19 est passée par là

Le reste de la réforme, lui, est en mode pause depuis le premier confinement. Devait notamment entrer en application la refonte du mode de calcul de l'indemnité journalière. Pas question de continuer à favoriser financièrement l'enchaînement de petits boulots. Sauf que la crise sanitaire est passée par là. Le texte a aussi été retoqué par le Conseil d'État au mois de novembre. Mais la ministre du Travail, Élisabeth Borne, tient à sa réforme et n'a pas du tout l'intention de la mettre au placard.  

Avec la crise sanitaire actuelle, la réforme de l'assurance-chômage va-t-elle pouvoir être menée d'ici la fin du quinquennat ? Visiblement le gouvernement n'a pas l'intention de la sacrifier. Elle est d'ailleurs toujours, à l'heure où nous parlons, au menu d'une conférence sociale prévue pour l'instant au mois de mars. C'est aussi un marqueur politique, le signe que l'exécutif poursuit ses réformes.  

Est-ce le moment de durcir les règles d'indemnisation ?

Sachant que quelque 900 000 emplois ont été détruits, selon les estimations en 2020, et que le taux de chômage devrait avoisiner les 9,5% de la population active, est-ce vraiment le moment de changer les règles d'indemnisation ? Les derniers chiffres du nombre de demandeurs d'emplois pour 2020 sont attendus la semaine prochaine. Pas certain que le calendrier soit très favorable.  

Est-ce aussi le bon moment pour mettre en application une autre mesure de la réforme : le malus sur les secteurs qui emploient trop de contrats courts, sachant que ce sont déjà eux qui se prennent la crise de plein fouet, à commencer par les restaurateurs ? Une source patronale parle de ce bonus malus comme d'une ineptie.  

Quelles options reste-t-il au gouvernement ?  

Alors il peut aussi s'inspirer d'un rapport publié cette semaine par un cercle de réflexion rattaché à Matignon. Le conseil d'analyse économique préconise en effet de moduler les indemnités en fonctions d'indicateurs économiques. En gros, les chômeurs sont mieux indemnisés en période de récession qu'en période de reprise économique quand il est plus facile de retrouver du travail.

Pourquoi ne pas reprendre cette idée de mettre en place une série d'indicateurs, en fonction desquels on pourrait ajuster la mise en place de nouvelles mesures, comme le bonus malus ? C'est une piste aujourd'hui sérieusement à l'étude.    

Drapeau à l\'effigie de la Révolution française et gendarmes mobiles, lors de la manifestation contre la précarité et la réforme de l\'assurance chômage du samedi 5 décembre 2020 à Toulouse.  
Drapeau à l'effigie de la Révolution française et gendarmes mobiles, lors de la manifestation contre la précarité et la réforme de l'assurance chômage du samedi 5 décembre 2020 à Toulouse.   (SANDRA FASTRE / HANS LUCAS / AFP)