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Le mot de l'éco. Énergies renouvelables

Mercredi 12 juin, le Premier ministre Edouard Philippe, lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, a promis que les 12 prochains mois seront ceux de l'accélération écologique. Il a énoncé des mesures pour que le retard de la France en matière d'énergies renouvelables, le solaire et l'éolien notamment, puisse être rattrapé. 

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Des éoliennes tournent à Bouin (Vendée), le 13 août 2018.
Des éoliennes tournent à Bouin (Vendée), le 13 août 2018. (PHILIPPE ROY / AFP)
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Les énergies renouvelables : le Premier ministre, Édouard Philippe en a fait l'ouverture de son discours de politique générale, mercredi 12 juin, devant l'Assemblée nationale, en annonçant des mesures pour l'éolien. Des mesures qui tombent à pic.


franceinfo : La France a été tancée par la Cour des comptes européenne pour son retard à développer les énergies renouvelables  

Grégoire Lecalot : Dans leur rapport publié la semaine dernière, les Sages de Bruxelles notent un relâchement et classent la France dans les six pays membres les moins susceptibles d'atteindre leurs objectifs en terme de développement des énergies renouvelables, surtout solaire et éolien.

Est-ce que ça veut dire que la France traîne des pieds sur le développement des énergies renouvelables ?  

Selon ses engagements en 2009, elle devrait atteindre 23% d’énergies renouvelables dans sa production électrique l'année prochaine. Au dernier pointage retenu par la Cour des comptes européenne, en 2017, elle se hissait  à 16,3%. Pour autant la France n'est pas une belle endormie. Selon le dernier panorama de l'électricité renouvelable, publié par le Syndicat des énergies renouvelables, les parcs éoliens et solaires ont battu un record de production sur le début 2019.

L'éolien français produit désormais l'équivalent d'environ 15 réacteurs nucléaires, c'est à dire plus de 15 300 MW avec une accélération depuis 2016. Même tendance dans le solaire, moins marquée avec 8 600 MW. L'hydroélectricité, c'est à dire les barrages, représentent 25 500 MW, mais ils ont atteint leur maximum de production.

Pourquoi la France a-t-elle accumulé ce retard ?  

D’abord, il y a eu le nucléaire. Avec les 58 centrales du parc historique, la France n'avait pas vraiment intérêt à se tourner vers d'autres sources d'énergie. Elles étaient plus chères dans les années 2000-2010. Mais la donne a changé avec le vieillissement des centrales qui va coûter très cher. L'énergie solaire a marqué le pas à cause du prix des installations et de la difficulté à trouver des terrains pour les plus grandes. Le secteur mise notamment sur le développement de l'autoconsommation.

Et l'éolien, dont parlait Édouard Philippe ?  

Sur l'éolien, la lenteur s'explique en grande partie par la multiplication des recours contre les projets. 70% d'entre eux sont visés par des recours selon l'Observatoire des énergies renouvelables. Il faut 7 à 9 ans pour construire un parc éolien en France contre 3 à 4 ans en Allemagne. Le gouvernement a simplifié les procédures judiciaires pour les accélérer.

L'éolien en mer, lui, n'existe pas en France, première façade maritime d'Europe. Les premiers projets, lancés en 2011, sont encalminés. Les prix proposés par les industriels dans les appels d'offres étaient trop élevés. Edouard Philippe assure que le projet de Dunkerque - 500 MW, un demi réacteur nucléaire - va changer la donne. Celui de Saint-Nazaire pourrait suivre, validé la semaine dernière par le Conseil d'État.

1 GW par an en perspective, espère le premier ministre. Un vœu qui permettrait peut-être à la France de rentrer dans le rythme nécessaire pour atteindre ses objectifs : 2 GW par an de renouvelables raccordés au réseau, ce qu'elle n'est pas parvenue pas à faire jusqu'ici.

Des éoliennes tournent à Bouin (Vendée), le 13 août 2018.
Des éoliennes tournent à Bouin (Vendée), le 13 août 2018. (PHILIPPE ROY / AFP)