Le mot de l'éco, France info

Comment les traders font un maximum d'argent en un minimum de temps

Le mot de l'éco cette semaine : "Flash crash".

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(© Maxppp)

Flash crash ou krach éclair en bon français est un krash boursier évidemment. Souvenez-vous le 6 mai 2010. Vous l'avez sans doute complètement oublié. Ce n'est pas le cas du monde de la finance. Ce jour-là, panique à Wall Street. L'indice Dow Jones s'effondre en quelques minutes seulement. 1000 milliards de dollars partis en fumée sans raison apparente.

 

Depuis, la justice américaine a mené l'enquête. Et 5 ans après ce krach boursier a enfin un visage et un nom. Navinder Singh Sarao, un trader de 37 ans. Il a été interpellé par Scotland Yard en début de semaine à Londres, placé sous contrôle judiciaire. Et il refuse son extradition vers les Etats-Unis ou il risque jusqu'à 25 ans de prison.

 

Qu'est-ce qu'on lui reproche exactement ? Fraude électronique et manipulation du marché. Ce trader avait gagné 880 millions de dollars en quelques heures.

 

Il avait placé puis annulé aussitôt des ordres de ventes de 3 milliards de dollars de contrats au total, en quelques secondes, depuis son ordinateur. Ce qui selon la justice américaine a provoqué ce krash éclair.

On appelle ça le trading à haute fréquence. Prenez des formules mathématiques complexes, ajoutez à cela des ordinateurs ultra puissants, capables d'exécuter des ordres en un millième de seconde...Et grâce à cela les tradeurs peuvent se faire un maximum d'argent sur des écarts de prix minimes puisqu'ils peuvent vendre ou acheter un paquet d'actions en un temps record.

 

Le trading à haute fréquence représente tout de même la moitié des échanges avec donc des risques non négligeables de manipulation du marché. Plus qu'un risque, c'est même l'objectif du trading à haute fréquence. 90% des ordres donnés sont annulés avant même d'avoir été exécutés.

 

Une régulation à minima , oui mais quand ?

Est-ce qu'il y a tout de même une régulation du trading à haute fréquence ? Les autorités des marchés financiers travaillent dessus depuis plusieurs années des deux côtés de l'Atlantique. Il y a plusieurs pistes à l'étude. Celles qui ont peu de chances d'aboutir : d’abord interdire purement et simplement le trading à haute fréquence ou alors le taxer.

 

Autre alternative, mettre en place un délai de latence entre deux ordres pour 1 seconde ou une 1/2 seconde par exemple au lieu d'un millième de seconde aujourd'hui.

 

A priori, ce serait finalement une solution a minima qui devrait être trouvée pour réguler un peu le trading à haute fréquence sans toutefois le remettre en cause fondamentalement.

 

Quand ? Certains pays, à commencer par la Grande-Bretagne ne sont pas du tout pressés d'encadrer une pratique qui permet de gagner beaucoup d'argent en très peu de temps.

 

(© Maxppp)