Libye : Saïf al-Islam, fils du dictateur Kadhafi, candidat à la présidentielle

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Dix ans après la mort de Mouammar Kadhafi, le fils de l'ancien dictateur se présente à l'élection présidentielle du 24 décembre.

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Radio France
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Saïf al-Islam (à gauche) est candidat à l'élection présidentielle libyenne fin décembre 2021. (STRINGER / LIBYAN HIGH NATIONAL ELECTORAL C via AFP)

À la suprise générale, Saif al-Islam, 49 ans, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité, a fait son apparition dimanche 14 novembre dans l'un des centres de dépôt des candidatures. Allure de sage, lunettes et barbe grise, costume traditionnel et turban marron noué à la bédouine comme le faisait son père, il a signé tous les documents officiels, accompagné de son avocat avant de repartir, doté de sa carte d'électeur. Ca faisait dix ans qu'on ne l'avait pas vu en public.

L'élection doit avoir lieu – en théorie – le 24 décembre, aboutissement d'un processus laborieux parrainé par l'ONU destiné à pacifier le pays, à tourner la page d'une décennie de chaos. Dix ans pendant lesquels, après la chute de Mouammar Kadhafi emporté par la révolte populaire, le pays s'est transformé en véritable champ de bataille fratricide, pris en étau entre deux camps rivaux, à l'Est, les milices du général Haftar, à l'Ouest, les troupes du gouvernement d'union nationale.
Mais les modalités du scrutin sont contestées, le 24 décembre, c'est une date à laquelle personne ne croit sauf visiblement Saïf al-Islam. Sa candidature n'est pas de nature à apaiser les choses. Autrefois on le voyait succéder à son père : c'est lui qui négocie la libération des infirmières bulgares en 2007 avec Nicolas Sarkozy, lui qui dans la foulée annonce la signature d'un accord d'armement avec la France.

Après la mort du dictateur en 2011, c'est la disgrâce pour l'ensemble du clan Kadhafi. Saïf al Islam est capturé par les milices rebelles, condamné à mort avant finalement d'être libéré en 2017.

"Restaurer l'unité perdue de la Libye"

Il disparaît alors dans la nature jusqu'à cet été, où il réapparaît dans une interview au New York Times. Entretien dans lequel il annonce son retour et dit vouloir "restaurer l'unité perdue de la Libye", convaincu que les charges qui pèsent contre lui pourraient être levées si les Libyens le choisissaient comme chef.

Un discours qui peut séduire une frange de la population, épuisée par les pénuries, la crise économique, l'insécurité, et qui se souvient avec une certaine nostalgie des années Kadhafi, synonymes de cruauté et de stabilité. Dans ce contexte il peut apparaître comme l'homme providentiel.

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