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La Nouvelle-Zélande veut éradiquer les rats d'ici 2050

Des oiseaux comme l'emblématique kiwi néo-zélandais, n'avaient pas de prédateurs avant l'introduction des rats sur l'archipel. Ils sont décimés par ces rongeurs, qui menacent la biodiversité.
Article rédigé par Isabelle Labeyrie
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des rats dans une rue d'Auckland (Nouvelle-Zélande). (ROSS LAND / HULTON ARCHIVE)

La Nouvelle-Zélande fait la chasse aux rats, avec un objectif : les éradiquer complètement d'ici 2050. Et les premiers bilans, à une échelle locale, sont plutôt encourageants. Ce plan, très ambitieux, "Predator Free New Zealand", a été lancé en 2016 via une société mixte dans laquelle le gouvernement a investi 28 millions de dollars néo-zélandais (17 millions d'euros). Trois variétés de rats ont alors officiellement été classées espèces invasives et menace pour la biodiversité. 

Ce n'est pas que les rats soient plus nombreux qu'ailleurs, c'est juste qu'en Nouvelle-Zélande, avant leur introduction au XIIIe siècle par les Polynésiens puis 600 ans plus tard par les colons européens, leurs proies n'avaient jamais eu de prédateurs. Sur l'archipel, les oiseaux font leur nid au ras du sol, certaines espèces savent à peine voler. Les rats, en mangeant leurs œufs, en leur faisant concurrence pour la nourriture, ont fait des ravages. Avec leurs copains les furets et les opossums, ils ont réussi à croquer 25 millions d'oiseaux chaque année. Le kiwi, par exemple, a beau être l'emblème national, la plupart des néo-zélandais n'en n'ont jamais vu un seul à l'état sauvage. Il reste sur l'île moins de 70 000 individus.

L'exemple de Wellington

Faire disparaître les rats fera revenir les oiseaux. Un premier bilan vient d'être fait dans la capitale, Wellington. Il est plutôt concluant. Un journaliste de la BBC est allé voir sur place. Le projet, financé par des fonds publics et privés, emploie 36 personnes, mais il s'appuie surtout sur des centaines de chasseurs volontaires transformés en véritables exterminateurs, équipés de pièges, de beurre de cacahuète, de poison anticoagulant et d'une application GPS. Des caméras ont été installées dans les endroits stratégiques ; chaque rat trouvé mort est signalé et envoyé au laboratoire pour autopsie. Les rats sont désormais moins nombreux, les oiseaux indigènes ont fait leur retour. A l'ouest de la ville un éco-sanctuaire a lui été protégé par une immense clôture de plus de huit kilomètres, les rats n'y mettent plus les pattes.

Est-ce que la méthode employée à Wellington peut fonctionner à l'échelle d'un pays tout entier ? C'est tout l'enjeu. A ce jour, un seul territoire au monde peut se targuer d'avoir éliminé tous les rats c'est une île de l'Atlantique Sud qui s'appelle la Géorgie du Sud, et qui est à peu près 70 fois plus petite que la Nouvelle-Zélande. Ce n'est pas gagné.


Le gouvernement veut y aller par étapes, il vise déjà un million d'hectares libérés des rats pour 2025. Mais les défenseurs de l'environnement sont sceptiques. Ils estiment que la chasse au rat mobilise trop de moyens et qu'elle coûte trop cher. La seule solution serait de transformer chaque habitant en chasseur de rats. Une école d'une toute petite île à l'extrême sud de l'archipel, Stewart Island, a fait le test en novembre dernier, avec des récompenses à la clé. Cela a très bien marché : en 100 jours, les élèves ont tué (avec fierté) plus de 600 rats.

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