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VIDÉO. En Chine, la grande vadrouille d'un troupeau d'éléphants sauvages

Toute la Chine est tenue en haleine par un troupeau d'éléphants sauvages qui, depuis plusieurs mois, traverse le pays du sud au nord... et sème la zizanie sur son passage. 

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Capture écran d\'une vidéo des éléphants diffusée par l\'agence de presse Reuters. 
Capture écran d'une vidéo des éléphants diffusée par l'agence de presse Reuters.  (CAPTURE ECRAN VIDEO REUTERS)

Depuis qu'ils se sont échappés en mars 2020 de leur réserve de Mengyanzi, près de la frontière de la Birmanie dans le sud de la Chine, ils ont parcouru plus de 600 kilomètres. Après une pause de quatre mois pour faire naître un éléphanteau, ils sont repartis de plus belle.

Le périple de ces éléphants d'Asie passionne les réseaux sociaux. Sur la télévision d'Etat, la CCTV, on peut même les suivre de jour comme de nuit grâce aux drônes équipés de caméras infrarouge qui leur collent au train. À leur rythme - c'est-à-dire assez lentement quand même - ces 15 fugueurs, dont trois éléphanteaux, vont droit vers le nord.

Et peu importe ce qu'il y a sur leur passage : on les a vu saccager des dizaines d'hectares de culture, vider des réservoirs d'eau, traverser des voies rapides... Dans les villages, ils ont écrasé les poules, plié des portes de garages et créé quelques frayeurs. Les dégâts matériels sont déjà estimés à plus d'un million d'euros.

Les éléphants aux abords d'une mégalopole

Pour l'instant il n'y a pas de blessés. Mais depuis mercredi dernier, ça se complique : les pachydermes se sont rapprochés de la mégalopole de Kunming, dans le Yunnan, qui compte huit millions d’habitants. Certains quartiers entiers ont été invités à rester cloîtrés. Mais les citoyens ont droit à un petit répit car depuis hier, épuisés par leur chevauchée, les mastodontes font une pause. Ils dorment !

Si les autorités ne fait rien pour les arrêter, si personne n'ose, c'est parce qu'ils sont protégés : depuis 1986, les éléphants d'Asie sont inscrits sur la liste rouge des espèces menacées.

La priorité c'est donc de les faire redescendre vers le sud, dans la forêt tropicale qui est leur habitat naturel, en les bloquant avec des barrages de camions et en les appâtant avec des bananes pour les remettre sur le bon chemin. Plus de 600 policiers sont mobilisés. Pour l'instant rien n'y fait.

À la recherche de nourriture ?

Pourquoi les pachydermes ont-ils entrepris cette grande marche vers le nord ? Sans doute pour rechercher de la nourriture. Depuis 20 ans, inexorablement, la forêt cède la place aux plantations de thé et d'arbres à caoutchouc. Les plantes qu'ils mangent habituellement deviennent de plus en plus rares, de moins en moins accessibles. Or il leur en faut chaque jour quasiment 200 kilos. Il est beaucoup plus attrayant d'aller promener sa trompe dans un champ de maïs ou de canne à sucre.

La réduction de leur habitat va de pair avec une augmentation du nombre d'individus. Dans les années 1970, il y avait moins de 150 éléphants d’Asie en Chine. Aujourd’hui, grâce aux mesures de protection, ils sont plus de 300. On en voit régulièrement migrer vers de nouvelles régions, ce qui n'explique pas pourquoi cette fois-ci ils sont allés aussi loin.

Si les zoologistes s'interrogent et réfléchissent, pendant ce temps les internautes s'amusent. "S'ils se dépêchent, écrit un internaute sur Weibo, le réseau social chinois, peut-être arriveront à Pékin à temps pour les 100 ans du Parti communiste en juillet ?"

Capture écran d\'une vidéo des éléphants diffusée par l\'agence de presse Reuters. 
Capture écran d'une vidéo des éléphants diffusée par l'agence de presse Reuters.  (CAPTURE ECRAN VIDEO REUTERS)