Covid-19 : à quoi va ressembler la rentrée scolaire à l'étranger ?

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Si la plupart des élèves reviennent en présentiel, des contraintes s'appliquent encore dans de nombreux pays. Tour d'horizon.

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Radio France
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Des élèves entrent à l'école élémentaire Webster à Long Beach (USA), le mardi 31 août 2021. (MEDIANEWS GROUP/LONG BEACH PRESS / MEDIANEWS GROUP RM)

En Israël, les élèves pourront être dépistés et vaccinés à la récré ou même pendant leurs heures de cours ! Les personnels non vaccinés devront eux se faire tester deux fois par semaine – à leurs frais – sous peine de voir leurs contrats suspendus. Dans les villes où le taux d'incidence est élevé, les cours au lycée n'auront lieu que si 70% des élèves d'une classe sont vaccinés. Dans le cas contraire, l'enseignement se fera à distance pour tout le monde.

Face à la forte recrudescence du nombre de personnes contaminées, le pays a également lancé une campagne de tests sérologiques auprès des 3-12 ans, pas encore éligibles à la vaccination. Une fois testés à la maison, ceux qui auront développé suffisamment d'anticorps ne seront pas contraints de s'isoler en cas de contamination dans leur classe. Les autorités espèrent ainsi maintenir les écoles et l’économie ouvertes.

Autriche : le dépistage permanent

En Autriche, l'écouvillon dans le nez sera obligatoire trois fois par semaine pour tout le monde, enfants et enseignants, jusqu'à fin septembre. Et sur les trois prélèvements, il faudra au moins un test PCR. La procédure sera ensuite allégée si les taux d'incidence s'améliorent.

L'Allemagne et le Portugal lancent, eux aussi, des autotests à grande échelle dans les écoles pour la rentrée, mais l'Autriche est à la fois une exception et une pionnière en Europe en matière de dépistage. C'est elle qui, dans les crèches, a mis en place les tests salivaires sous forme de sucette à garder dans la bouche. Pour se faire dépister sans même s'en rendre compte.

Espagne : des enseignants supplémentaires

Le ministère de l'Éducation a appelé à "ne pas baisser la garde" face à la pandémie. Le masque reste donc obligatoire dès l'âge de six ans. Et grâce au plan de relance européen, qui a ouvert la vanne aux subventions, le gouvernement de Pedro Sanchez a promis plus de 13 milliards d'euros aux régions pour les aider à faire face à la pandémie : une partie de cet argent va servir à embaucher plus de 25 000 enseignants contractuels supplémentaires (L'an dernier, il y en avait déjà eu plus de 35 000). 

Le protocole sanitaire, lui, ne change quasiment pas par rapport à l'an dernier. Dans le primaire, le nombre maximum d'élèves par classe passe de 20 à 25 et la distanciation obligatoire de 1,5 à 1,2 mètre. Peut-être pour faire plus de calculs en cours de maths ?

Italie : pass sanitaire obligatoire

La mesure avait été annoncée le 6 août par le ministre de la Santé : le pass sanitaire est désormais obligatoire pour l'ensemble du personnel scolaire et universitaire, ainsi que pour les étudiants. 

L'Italie, premier pays européen à imposer la vaccination au personnel soignant, étend donc au milieu scolaire l'obligation du "passeport vert" (cycle vaccinal complet, test négatif de moins de 48 heures ou certificat de guérison de moins de six mois) : un véritable sésame à présenter tous les matins à l'entrée de l'établissement. Après cinq jours d'oubli, la punition, ce n'est pas une heure de colle mais une amende et une suspension sans salaire.

États-Unis : un gigantesque bazar

Chaque État, chaque district, chaque ville (et parfois chaque établissement !) peut choisir ses règles. Le masque s'est ainsi retrouvé au cœur de pétitions et de batailles judiciaires insensées : en Floride, face à la hausse des contaminations –notamment chez les plus jeunes – des écoles ont voulu imposer le port du masque.

Le gouverneur républicain, Ron DeSantis, était contre cette obligation, au prétexte qu'elle allait "à l'encontre des droits parentaux". Il l'a annulée, par décret. L'affaire a donc été portée au tribunal où un juge a finalement donné raison aux écoles. Mais à la demande du gouverneur, qui n'avait pas digéré la décision de justice, les salaires des encadrants ("membres du conseil scolaire") ont été suspendus. Ce n'est pas exactement ce qu'on appelle une rentrée sereine...

Ailleurs, la pratique est plus apaisée. Le masque est obligatoire en classe quasiment partout sauf chez nos amis belges (où les élèves doivent l'avoir dans la cour mais l'enlever quand ils s'assoient).

Belgique : à contre-courant

En Belgique, le masque n'est obligatoire pour les adultes et les élèves du secondaire que lorsqu’ils circulent dans la classe ou en salle des profs. Une fois assis à leur bureau, ils pourront l'enlever.

Le gouvernement réfléchit à rendre la vaccination obligatoire pour les enseignants de la même manière qu’elle a été imposée aux soignants. En attendant, une "task force ventilation" a émis des recommandations pour empêcher que la concentration en CO2 dans un lieu clos ne dépasse pas les 900ppm (ouverture régulière des fenêtres, installation de capteurs de CO2 ou de purificateurs d'air).

Royaume-Uni : le monde d'avant ?

C'est l'un des rares pays où cette rentrée aura le goût du "monde d'avant" : toutes les restrictions sanitaires ont été levées le 19 juillet. Plus de masque, plus de distanciation physique, les petits Britanniques pourront à nouveau se mélanger entre différentes classes. Un monde où l'on ne sait même plus ce que cela veut dire "être cas contact" ! (Les moins de 18 ans ne devront plus s’auto-isoler s’ils ont été en contact avec une personne malade). En contrepartie, le personnel enseignant devra se tester deux fois par semaine. Mais seuls les détecteurs de CO2 rappelleront aux élèves qu'il faut aérer pour ne pas se contaminer : 300 000 exemplaires tout neufs vont équiper les salles de classe dans le pays.

Danemark : épidémie sous contrôle

Situation bientôt similaire au Danemark, où plus de 80 % de la population est complètement vaccinée. C'est l'un des taux de couverture les plus importants en Europe. Et même si le niveau de contamination a augmenté au cours de l’été, avec moins de mille cas par jour le pays juge l’épidémie sous contrôle. Dix-huit mois après la mise en place des premières mesures de confinement, Copenhague va même supprimer le pass sanitaire à l'entrée des restaurants. Le Danemark avait été le premier pays à le mettre en place. "Le 10 septembre, nous pourrons abandonner les règles spéciales que nous avons du introduire dans la lutte contre le Covid-19", a annoncé le ministère de la Santé le 27 août. Y compris dans les écoles et à l’université. Un soulagement, comme une évidence. 

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