Armes à feux : aux États-Unis, l'heure de la messe le dimanche est devenue le moment le plus dangereux de la semaine

Semaine d’actions contre les violences par armes à feu outre-Atlantique : face au risque létal aux heures de culte, les fidèles viennent désormais armés.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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En 2015, un jeune suprémaciste blanc a abattu neuf personnes noires dans une église de Charleston, en Caroline du Sud (Etats-Unis). (SEAN RAYFORD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / VIA AFP)

Le dimanche à 11 heures est désormais l'un des moments de la semaine où l'on risque potentiellement le plus sa vie aux États-Unis. Ce sont les pasteurs et les responsables de la sécurité des églises qui l'affirment. Ils expliquent avoir tous observé un basculement après le 9 décembre 2007. Ce dimanche matin là, à Colorado Springs, un jeune homme de 24 ans a ouvert le feu dans la grande église New life church avant de mettre fin à ses jours. Il a eu le temps de tuer quatre personnes.

Des exemples comme celui Colorado Springs, il y en a eu de nombreux depuis dans les lieux de culte des États-Unis : six morts dans un temple sikh à Oak Creek, dans le Wisconsin, en 2012 ; neuf fidèles noirs tués par un suprémaciste blanc dans une église de Charleston, en 2015 en Caroline du Sud ; deux ans plus tard, en 2017, 26 morts dans une église de Sutherland Springs au Texas ; onze personnes tuées en 2018 dans la synagogue Tree of Life de Pittsburgh. Le tireur a été reconnu coupable il y a deux semaines et risque la peine de mort.

Une entreprise spécialisée dans la sécurité des églises estime qu'il y a chaque année 480 faits de violences graves dans les communautés de culte aux États-Unis.

Des sociétés de sécurité pour protéger les lieux de culte

Pour se protéger, ces églises, mosquées, synagogues ont recours à des sociétés de sécurité. C'était le cas dans celle de Colorado Springs, en 2007. Une ancienne policière de Minneapolis était chargée de la sécurité. Elle a blessé l'assaillant avec son pistolet. Et comme dans les deux tiers des cas, cet homme n'avait aucun lien avec la communauté religieuse.

La bien nommée Full armor church est une entreprise spécialisée dans la protection de ces lieux de culte. Elle a été créée en 2016 et propose notamment des systèmes de vidéosurveillance, un personnel formé et armé et une entrée unique dans l'édifice, même s'il n'est pas évident de transformer un sanctuaire en forteresse.

Elle suggère aussi que les armes restent dans les voitures pendant l'office. Les gens d'Église disent que de plus en plus de fidèles, parfois 200 ou 300, assistent au sermon avec leur pistolet sur eux, dans les États où le port d'armes à feu est libre.

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