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Le monde de Marie. Le "New York Times" met à l'honneur les illustres oubliées de sa rubrique nécrologique

#MeToo et le sujet de la place des femmes dans la société n'ont pas dit leur dernier mot, en témoigne l’initiative du "New York Times" vendredi dernier.

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Le siège, à New York, du New York Times.
Le siège, à New York, du New York Times. (RICHARD B. LEVINE / MAXPPP)

Le hashtag #metoo fait encore parler de lui, et avec lui, le sujet de la place des femmes continue d’occuper le terrain médiatique. Dernier exemple en date, l’initiative du New York Times vendredi 9 mars.

Des nécrologies d’hommes blancs écrites par des hommes blancs

Le plus grand quotidien américain s’est en effet penché sur la manière dont il parlait des femmes, et notamment des plus remarquables d’entre elles. Pour procéder à cette évaluation, il a choisi une très intéressante grille de lecture : les nécrologies, ces articles publiés le jour de la mort de quelqu’un d’important. En se penchant sur les nécrologies publiées dans le New York Times depuis sa création en 1851, les journalistes chargés de cette rubrique réalisent que leur journal a essentiellement écrit des nécrologies d’hommes blancs. Normal, expliquent-ils, puisque le journal était aussi majoritairement écrit par des hommes blancs, qui, très naturellement dans un monde extrêmement masculin avaient zappé les femmes.

Aujourd’hui, à la lumière du mouvement "Metoo", ces oublis sont plus que parlants. Charlotte Bronté, l’auteur d’un petit roman vaguement connu, qui s’appelle Jane Eyre, par exemple. La romancière anglaise est en tête de la première liste des oubliées, publiée vendredi dernier par le New York Times. Mais il y a les autres, telles Emily Warren Roebling à qui les New-Yorkais doivent le Brooklyn Bridge dont elle assura la construction comme maître d’œuvre quand son mari, ingénieur en titre, tomba gravement malade, en 1896. Quatre ans plus tôt, en 1892, une autre femme, Noire celle-là, journaliste d’investigation, rapportait les premières photos des lynchages de Noirs dans le Sud. Retenez son nom, elle s’appelait Ida B.Wells.

"Les Oubliées", une histoire vraie chaque semaine

Oubliée aussi, la Marylin Monroe indienne, Madhubala, qui fut au cœur de la création de Bollywood dans les années 1930. Pas un mot non plus sur Ada Lovelace qui, dès 1843, conçut les prémices de la programmation informatique. Même la grande photographe Diane Arbus n’eut même pas droit à une pauvre brève dans la page nécrologies du New York Times. Alors, pour réparer ce qu’il considère comme une injustice, le New York Times publiera chaque semaine la vraie histoire de chacune de ces femmes, sous l’intitulé "Les Oubliées".

Le siège, à New York, du New York Times.
Le siège, à New York, du New York Times. (RICHARD B. LEVINE / MAXPPP)