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Le monde de Marie. En Allemagne, des réfugiés syriens rentrent chez eux

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Lundi, le retour en Syrie de réfugiés qui avaient trouvé asile en Allemagne.

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Des réfugiés devant un centre de transit de Manching, en Allemagne.
Des réfugiés devant un centre de transit de Manching, en Allemagne. (CHRISTOF STACHE / AFP)

Des réfugiés syriens qui avaient trouvé asile en Allemagne rentrent chez eux, par dizaines. Entre bonnes nouvelles données par les proches restés en Syrie, et difficultés d'intégration, ils refont dans l'autre sens le voyage effectué il y a quelques années.

Direction la Turquie, avec l’espoir de pouvoir repasser la frontière et retrouver leurs maisons. Ils passent clandestinement à bords de cars qui les attendent dans la ville grecque de Thessalonique, franchissant les mêmes obstacles que ceux qu’ils ont dû affronter à l’aller.

"Nous ne sommes pas chez nous ici"

Les premiers de ces réfugiés du retour sont arrivés en Syrie il y a deux ou trois mois. Ceux-là donnent de bonnes nouvelles à leurs proches installés en Allemagne. Les autres, qui ont tout perdu pendant la guerre, travailleront en Turquie le temps qu’il faudra, pour amasser la somme d’argent nécessaire au retour en Syrie.

Un voyage dans l’autre sens raconté dimanche 27 mai dans un quotidien anglais, aux côtés de Zacharie, un réfugié syrien de 27 ans installé dans un baraquement de fortune d'une petite ville du sud de l’Allemagne, et qui partage sa chambre de 15 mètres carrés avec trois autres hommes. Il explique que l’Allemagne lui a offert l’abri et la sécurité. Il était arrivé dans ce pays avec la ferme intention de devenir un Allemand, et d’y prendre racine. "Mais en fait, nous ne sommes pas chez nous, ici, nous ne sommes pas en bonne santé psychologiquement, nous sommes déprimés." D’autres supportent mal l’idée d’élever leurs enfants dans cette société occidentale qui leur semble beaucoup trop permissive. Une société qui emmène garçons et filles de CM1 à la piscine tous ensemble.

Revente de passeports

Et puis il y a ceux qui ont jeté l’éponge devant les difficultés à faire venir leur famille et qui préfèrent rentrer. La question étant : avec quel argent comptent-ils subvenir à leurs besoins ? Réponse : en vendant leurs papiers allemands, ou leurs titres de séjours réguliers aux candidats à l’exil qui font encore le voyage aller. Sur des groupes Facebook montés à cet effet, et selon la nationalité, un titre lambda se vend 1 500 euros, et un passeport britannique 15 000 euros. Une catastrophe pour les Allemands, notamment pour des raisons de sécurité. Qui rachète ces titres et pour quelles raisons ? Mystère.

Des réfugiés devant un centre de transit de Manching, en Allemagne.
Des réfugiés devant un centre de transit de Manching, en Allemagne. (CHRISTOF STACHE / AFP)