Le monde d'Elodie, France info

Richard Bohringer : "J'écris à la première personne mais la première personne, c'est toujours un peu tout le monde"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Elodie Suigo, et se confie. Aujourd'hui, Richard Bohringer.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Richard Bohringer, en avril 2017.
Richard Bohringer, en avril 2017. (ANTHONY PICORE / MAXPPP)

Richard Bohringer, c'est cette voix inimitable, avec cette sincérité et cette gouaille qu'on lui connaît. Il retrace toute une vie d’amour, d’écriture et de tendresse à travers sa pièce de théâtre : Traîne pas trop sous la pluie. Un peu comme un voyage au pays de sa mémoire, dédié à l’Afrique, aux amis, à sa famille, et à l’alcool aussi.

Le théâtre pour Richard Bohringer, c’est un monde à part. C’est le moment où il s’évade, où il partage, où il est lui… L’endroit où il est le plus à sa place. C’est aussi et avant tout son plus beau moyen d’expression et de fusion avec son public. "J'écris à la première personne mais la première personne, c'est toujours un peu tout le monde. Moi, je ne suis pas de la syntaxe, je suis de la syncope. C'est point et virgule, et puis basta. Le reste, je le laisse à ceux qui ont de la syntaxe. Ça me laisse du champ pour ma langue à moi !"

"L'alcool m'a appris à casser le silence"

Pendant quelques longues années l’alcool a pris une très grande place dans la vie de Richard Bohringer, une bataille sans relâche pour ne pas replonger dans cette ivresse. Beaucoup des compagnons de route de cette balade alcoolisée à travers la vie ont disparu : Jacques Villeret, Philippe Léotard. L’alcool est un souvenir lointain pour lui, aujourd’hui, mais il lui a permis de surmonter beaucoup de choses. "Ça m'a appris à oser parler. A casser le silence."

Richard Bohringer s'est aussi battu contre un cancer. "J'appelle ça un accident", dit-il. Il est toujours présent et continue à monter sur scène, il avance toujours et encore. 

Je ne pensais pas remonter sur scène... C'est pas mal ! C'est peut-être ça qui fait vibrer un peu : ne pas savoir comment ça va se passer, être obligé d'aller chercher au fond de tout

Richard Bohringer

à franceinfo

Sa motivation est liée à une curiosité sans faille qui reste un moteur de vie… Alors qu’est ce qui le motive ? "Tout. La vibration est plus intime... Elle est dans le regard que je porte quand je suis à une terrasse, à boire un Perrier menthe. Je regarde les gens passer, je vois leur solitude. Tout ça, ça me fait vibrer."

Pendant longtemps, Richard Bohringer a vécu la nuit. La nuit était d’abord un refuge. "C'est bien la nuit, avec mes potes on bossait le jour et la nuit c'était la récré. Tous ces gens d'un cinéma un peu marginal, un peu volontaire, qui ont un peu disparu, au sens propre comme au sens figuré..."

Richard Bohringer est donc sur scène pour Traîne pas trop sous la pluie au théâtre de l’Œuvre à Paris les 20, 21, 22, 27, 28 et 29 septembre 2018. Dans cette atmosphère que lui seul sait créer. L’improvisation à toute sa place. Et l’émotion aussi d’un homme qui n’a jamais triché.

Richard Bohringer, en avril 2017.
Richard Bohringer, en avril 2017. (ANTHONY PICORE / MAXPPP)