Le monde d'Elodie, France info

Rap et théâtre, même combat pour Stomy Bugsy : "C’est délivrer des émotions"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, le rappeur et acteur Stomy Bugsy, sur la scène du théâtre du Gymnase à Paris avec "Un jour j’irai à Détroit !", une pièce qu'il a co-écrite avec son père, sur le massacre des tirailleurs sénégalais en décembre 1944 près de Dakar.

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Stomy Bugsy lors des répétitions de la pièce \"Un jour j\'irai à Detroit\" à Paris le 28 janvier 2020
Stomy Bugsy lors des répétitions de la pièce "Un jour j'irai à Detroit" à Paris le 28 janvier 2020 (LP/OLIVIER LEJEUNE / MAXPPP)

Un jour j’irai à Détroit ! est une pièce inspirée de faits réels mettant en scène Djili Amacombi (Stomy Bugsy), tirailleur sénégalais de l'armée coloniale emprisonné à Fresnes criant son innocence et entamant un dialogue avec ses deux voisins de cellule, un soldat français et un soldat américain.

"On fonce !"

Stomy Bugsy, de son vrai nom Gilles Duarte, raconte à Elodie Suigo comment ce projet d’écriture s’est imposé à lui : "Je pense que ce sont les ancêtres qui se sont manifestés, qui nous ont choisis", au moment où son père lui propose d’écrire sur le massacre de Thiaroye près de Dakar en décembre 1944 : "Mon fils, ce serait bien qu’on fasse un jour une pièce sur le massacre de Thiaroye". Il lui répond : "On fonce (…) Commence à écrire quelque chose". "Il a écrit quelques pages. Il y avait déjà l’intrigue (…) et après on a continué à écrire ensemble, et on a écrit toute la pièce".

La transmission

Il explique que son père lui inculque une double culture : "Mon père m’a apporté l’Afrique ancestrale, toutes ses traditions et il m’a apporté aussi la culture de la France (…) Il connaît l’histoire de France par cœur". Quant à sa mère : "Elle m’a apporté la rage, la force d’une maman, la force d’une femme". Il grandit dans le Val d’Oise et reconnaît aujourd'hui qu'il aurait pu mal tourner.

Mon destin c’était : soit la prison, soit la tombe très jeune. Et c’est vraiment la musique qui m’a sauvé.

Stomy Bugsy

à franceinfo

Stomy Bugsy démarre avec le collectif Ministère A.M.E.R (un des premiers en France) avec Passi, Hamed Daye : "Le rêve de Ministère A.M.E.R, c’était de secouer l’Elysée. Ce qu’ont fait les 'gilets jaunes' mais nous on voulait le faire dans le rap". Il raconte qu’il gère le succès grâce à l’exemple à ses parents : "C’est juste une question d’éducation, de respect. J’ai toujours bien traité les gens qui m’entouraient, le public". En solo, il rencontre aussi le succès avec le titre Mon papa à moi est un gangster (1996). Puis c’est l’aventure Secteur A, qui dure : "C’est la famille".

On a fait ce qu’on a pu et on l’a fait avec le cœur. Et on a réussi plein de choses.

Stomy Bugsy

à franceinfo

Son autre passion c’est le théâtre : "Pour moi c’est pareil, c’est délivrer des émotions".   On peut aller voir Un jour j’irai à Détroit ! au théâtre du Gymnase à Paris les 11, 12, 13, 14, 24 et 25 mars puis les 1, 7, 8, 14, 15, 22, 28 et 29 avril.

Stomy Bugsy lors des répétitions de la pièce \"Un jour j\'irai à Detroit\" à Paris le 28 janvier 2020
Stomy Bugsy lors des répétitions de la pièce "Un jour j'irai à Detroit" à Paris le 28 janvier 2020 (LP/OLIVIER LEJEUNE / MAXPPP)