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Maxime Le Forestier : "Le traumatisme du succès est pire que celui de l'échec"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, le chanteur Maxime Le Forestier.

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Maxime Le Forestier, le 16 juillet 2011, aux Francofolies de La Rochelle.
Maxime Le Forestier, le 16 juillet 2011, aux Francofolies de La Rochelle. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Il est l’un des hommes mythiques de la chanson française : Maxime Le Forestier sort vendredi 7 juin un nouvel album, Paraître ou ne pas être"Ca a été fait dans un esprit de groupe, pas de chef d'orcherstre, on s'est mis en studio cinq jours et on a enregistré, de manière très naturelle", indique-t-il.

Sans mon fils Arthur, cet album n'existerait probablement pas. J'étais un peu en panne, j'y croyais plus trop, je ne savais pas pourquoi écrire... Puis il a débarqué avec un texte qu'il avait cherché dans mon disque dur, il a fait une musique dessus, et à partir de là tout est reparti.

Maxime Le Forestier

à franceinfo

Comme il le raconte avec la chanson Avec une guitare, il a 14 ans lors de l'achat de sa première guitare. "J'avais décidé d'apprendre tout seul, poursuit le chanteur. Parce qu'on était dans une famille où c'était très sérieux, on avait des profs, le conservatoire. Et je me souviens que quand je suis sorti je n'étais plus le même. J'étais guitariste. Et puis je savais lire la musique, ce qui m'a permis de rentrer dans le magasin d'à côté où ils vendaient des partitions. Coup de génie du garçon, il m'a vendu quatre chansons de Brassens."

Une vie de musicien

Pas adapté au système "classique", Maxime Le Forestier va vite se tourner vers la musique. "Le lycée à partir du moment où j'ai eu ma guitare, c'est devenu intenable. Je me suis fait virer, et même si c'est toujours un choc, j'étais content. Quant à l'armée, je m'en suis sorti par un geste. Je suis tombé dans les pommes pendant un rassemblement, on m'a amené à l'infirmerie, et il y avait une guitare. J'ai joué en picking [pincer les cordes], et le médecin a qui appartenait la guitare m'a demandé de lui apprendre. Je suis resté trois semaines, pendant lesquelles je n'étais pas entraîné, donc c'était pas la peine d'investir sur moi pour me faire sauter en parachute."

Outre ses premières partitions, Brassens a pris une place prépondérante dans sa vie. "Plus tard, je l'ai rencontré, je devais faire sa première partie, se souvient l'artiste. J'ai passé trois semaines à le voir chanter tous les soirs. Puis une douzaine d'années après sa mort, son secrétaire est arrivé dans ma loge à l'Olympia avec un gros livre, et me dit qu'il y a dedans tout ce que Georges souhaitait voir lui survivre. À la fin, il y avait plein de chansons que je ne connaissais pas, qu'il avait écrites mais n'avait pas eu le temps d'enregistrer"

Je me suis retrouvé à quatorze ans, à lire les chansons et essayer de trouver les accords. J'en ai enregistré 12.

Maxime Le Forestier

à franceinfo

Son succès, Maxime Le Forestier l'a d'abord bien vécu. "Au début, on ne se rend pas compte. C'est quelques années après que j'ai eu le contrecoup, ce traumatisme du succès qui est pire que le traumatisme de l'échec. Ca secoue." Aujourd'hui, il a parfaitement digéré et sort son nouvel album Paraître ou ne pas être.

Maxime Le Forestier, le 16 juillet 2011, aux Francofolies de La Rochelle.
Maxime Le Forestier, le 16 juillet 2011, aux Francofolies de La Rochelle. (PIERRE ANDRIEU / AFP)