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Le monde d'Elodie. Vianney : "On a de la chance, on a un gouvernement qui protège les gens de la Culture"

L'auteur-compositeur-interprète sort un nouveau single, intitulé "N'attendons pas", comme une invitation à reprendre le cours de nos vies.

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Vianney, sur la scène des Victoires de la musique, le 10 février 2017, au Zénith de Paris.
Vianney, sur la scène des Victoires de la musique, le 10 février 2017, au Zénith de Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Elodie Suigo : Vianney, auteur-compositeur-interprète, réalisateur aussi. Depuis plus de deux mois, le Covid 19 nous accompagne, vous encore plus car vous avez attrapé le virus… 

Vianney : Je me suis posé 1000 questions sur comment les gens ont traversé ça, finalement, qui souffrait le plus dans cette histoire, qui nous aidait le plus, ceux qu’on ne voyait pas beaucoup et que d’un coup, on s’est mis à voir et à applaudir… Tout ça, j’ai trouvé que c’était quand même fécond de plein de belles choses. Moi, mon confinement, c’est beaucoup de réflexion et beaucoup de musique, aussi. 

Depuis vendredi dernier, votre nouveau single est sorti : N’attendons pas. C’est un message de vie, d’espoir ? 

C’est ça ! C’est "N’ayons jamais peur !". Il y a des peurs très saines, très jolies et qui nous élèvent même. Mais la peur d’être ce qu’on est, de suivre le chemin qu’on a envie de suivre, de vivre, celle-là, je pense qu’il faut essayer de la supprimer. 

Votre ascension a été foudroyante. Vous avez pris le temps à moment donné de vous poser. C’était nécessaire ? 

C’était nécessaire. Tomber dans la routine, c’est une tristesse. Moi je me suis arrêté juste avant, je ne voulais pas la routine de la tournée, la routine de faire des chansons, je n’aime pas ça, le sentiment d’être installé. Je sentais que ça allait me fatiguer. Il fallait que je coupe, notamment les réseaux sociaux, que je revoie un peu les gens que je voyais moins. C’était important de faire une vraie pause, c’est un équilibre. 

Vous avez été très discret pendant ce confinement. Les fans réclamaient de vous voir un peu plus. Ça vous a manqué aussi ce contact avec votre public, que vous aviez créé quand vous étiez en tournée ou quand vous enregistriez des live ? 

Parfois, on prend des distances, mais c’est pour mieux se retrouver. Il y avait aussi parfois le sentiment de ne pas être à la hauteur. Je me disais "Peut-être imaginent-t-ils que je suis vraiment spécial alors que non !". Il fallait que je prenne un peu le temps de la distance et j’étais sûr que ce serait bon pour tout le monde. Les gens qui me suivent, ils savent que je ne suis pas extraordinaire. Que juste, je joue des chansons, mais qu’ils peuvent compter sur ma fidélité envers eux, envers ma musique, envers mes valeurs, envers ce que je suis. 

Ce single annonce un futur album prévu pour l’automne si tout se passe bien... L’idée principal c’est d’aller de l’avant ? 

Oui c’est ça. C’est ce que j’aime faire depuis toujours et là j’ai l’impression que, oui, on n’en a encore plus pris conscience. De vivre au jour le jour, il y a quelque chose de très beau. 

Inquiet pour la culture et le retour à la normale ? 

Je ne suis pas inquiet parce que, quand même, on a de la chance dans ce pays : déjà, un statut (le régime d'indemnisation du chômage des Intermittent du spectacle), qui protège déjà pas mal, de base. Il faut que ça aille au bout. Mais j’ai l’impression qu’on a un gouvernement qui a choisi de protéger ces gens qui font la culture. Après, plus important que tout, c’est de vivre ! A moment donné, il faut avancer. J’ai lu quelque chose sur ça, sur notre rapport à la mort, et finalement, d’être pétrifiés à ce point et, du coup, de s’interdire de vivre, et bien, ce n’est plus une vie non plus ! Il y a une maladie qui contamine, qui tue, c’est terrible, mais on peut aussi penser à moment donné que ça fait partie de la vie et qu’il y a des choses très belles qui doivent continuer d’exister, comme la culture, comme le cinéma, la musique, l’art, la radio… Il y a des choses importantes. 

Vous êtes très croyant aussi, Vianney ? 

Moi je crois qu’il y a un dieu. Ça, dans ma vie, cela me rend fataliste positif. C’est-à-dire que j’accepte très facilement les imprévus, la vie comme elle est et même quand j’étais très malade, je n’étais pas inquiet. Au pire, j’allais partir et c’est comme ça ! 

Croyez-vous à une prise de conscience par rapport à ce qui s’est passé ? 

Honnêtement, non. On voit bien que ce qui préoccupe le plus, c’est vraiment de sauver les marchés, donc j’ai l’impression que ça répond à un système qu’on connaît bien et qui a fait qu’on en est là où on en est. On verra. Je me dis que chez les individus, ça a peut-être changé le rapport au temps et moi le premier : de se prendre un coup d’arrêt dans le boulot, dans les horaires de tarés qu’on peut avoir,. On se dit ce n’est pas forcément ça la vie, non plus. On n’a pas besoin forcément d’être toujours meilleur, toujours plus rapide. Là, je suis plus optimiste. Je pense qu’il y a des gens qui ont pris conscience de ça. 

Et vous Vianney, vous voulez changer quoi dans ce Nouveau Monde ? 

Malheureusement, je pense que ce n’est pas du tout un Nouveau Monde. Mais si il y avait quelque chose à changer, cette vision du monde, on se dit que la performance ne devrait pas prévaloir sur tout et ça changerait énormément de choses. Ça changerait justement notre rapport à la nature, à nous-mêmes, à nos vies personnelles, à nos proches. Un ralentissement. Et bien, un ralentissement, c’est chouette aussi ! 

N’attendons pas, un nouveau single. L’album est prévu pour l’automne. Merci Vianney ! 

Avec grand plaisir Elodie !    

Vianney, sur la scène des Victoires de la musique, le 10 février 2017, au Zénith de Paris.
Vianney, sur la scène des Victoires de la musique, le 10 février 2017, au Zénith de Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)