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Jérémy Frérot en solo : "J’assume pleinement d’avoir une voix particulière"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, c’est le l’auteur-compositeur et chanteur Jérémy Frérot.

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Le chanteur Jérémy Frérot, sur la scène des Francofolies, à La Rochelle, en juillet 2019.
Le chanteur Jérémy Frérot, sur la scène des Francofolies, à La Rochelle, en juillet 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

Jérémy Frérot est auteur, compositeur, interprète, ancien chanteur et musicien du groupe Fréro Delavega formé avec Florian Garcia. Avec son complice, ils se font connaître du grand public lors de leur participation à la troisième saison de l'émission The Voice, en 2014. Depuis 2017, il s'est lancé dans une carrière solo et aujourd'hui il publie son deuxième album: Meilleure vie.

Elodie Suigo: Meilleure vie, c'est un autoportrait amical et familial... Un moment figé de partages ?

Jérémy Frérot : Cet album, je l'ai fait pendant le confinement, donc je n'ai jamais eu autant envie de partager qu'à ce moment-là. J'étais avec toute ma famille dans l'endroit que j'aime, le bassin d'Arcachon et c'était marrant parce qu'en plus, ça faisait peu de temps que j'étais revenu y habiter, ça me manquait. J'avais un vide à combler et cela m'a donné des ailes pour écrire, pour composer. Cela se ressent du coup, que je peux penser à autre chose qu'à ce vide de la famille, des amis, donc le partage est très présent, l'envie de vivre d'une meilleure façon aussi parce que, confinement oblige, on se pose plein de questions. Le fait de retrouver tout le monde, tout cet espace-là, j'avais envie de le partager avec les gens.

Quand on écoute Meilleure vie, on se rend compte à quel point on est face à un nouveau Jérémy

Le premier album, j'avais besoin de montrer un truc, de dire que j'étais auteur-compositeur, j'avais besoin de le dire et du coup d'écrire des chansons avec un dictionnaire, j'avais besoin de prouver quelque chose. Maintenant, je n'en ai plus besoin, j'assume pleinement d'être artiste, d'avoir une voix particulière qui fait que je suis là aujourd'hui. J'assume pleinement de le dire et ça m'aide à être beaucoup plus ouvert et d'assumer tout ce que je fais.

J’ai pu ouvrir une porte pour montrer ce que je suis, ce que je ressens, mettre des mots sur tous mes sentiments et mes émotions.

Jérémy Frérot

à franceinfo

Il y a aussi un Jérémy Frérot à "cœur ouvert". Dans la chanson qui clôture cet album, Le regain, on sent que vous y avez tout mis, vous parlez de vos démons d'ailleurs. Avez-vous avez porté ça pendant longtemps ?

Le premier album, je n'ai pas été gentil avec moi. J'ai un peu arrêté de faire du sport, je broyais du noir, je buvais comme un trou à des moments où ce n'était pas opportun. Et le premier album, je l'ai fait. Ce n'était pas bien parce que j'étais dans une espèce de spirale où je m'apitoyais sur mon sort et je n'essayais pas de sortir la tête de l'eau.

Dès le premier album solo, le public vous a suivi, alors qu'est-ce qui vous a fait douter ?

On ne sait pas au début. J'ai vraiment douté la première année, parce qu'en plus de ça, mon entourage et moi-même, on se disait "Tiens, voilà, je sors des Fréro Delavega, ça va être facile", et pas du tout ! C'était vraiment la faute à ne pas faire et on l'a faite. Donc dans cette chanson, j'explique que j'arrête tout ça, j'arrête d'être négatif, d'attirer la négativité.

Comment avez-vous vécu cette notoriété ?

Je jouais avec ça au début, je ne me rendais pas vraiment compte de ce que je faisais. Le fait d'avoir rencontré ma femme, qui est beaucoup plus connue que moi, ça m'a aussi aidé à comprendre ce milieu-là.

Il y a une chanson incroyable, qui s'appelle La naissance. Elle en dit long sur votre rôle de père. La paternité a-t-elle changé votre vie ?

Devenir père m'a beaucoup aidé à me poser, à comprendre ce que je ressentais surtout. Le fait de transmettre, de dire les choses autrement, pas avec des mots d'adulte, de garder un peu cette vision d'enfant, cela m'a beaucoup aidé à m'ouvrir, à être beaucoup plus émotif.

J'ai l'impression que finalement, c'était un beau cadeau d'arrêter les Fréro Delavega et de vous découvrir enfin à 30 ans.

Aujourd'hui, je peux le dire. Il y a un an, je n'aurais pas pu. Oui, je suis hyper heureux de pouvoir faire cette histoire-là tout seul. Continuer les Fréro m'aurait plu, de faire un troisième album, mais peut-être que j'étais trop pressé, peut-être qu'il fallait aussi que je grandisse avant de continuer autre chose, peut-être que ça va recommencer, on ne sait pas.

Est-ce que cela vous fait peur d'aller dans un endroit qui est diamétralement opposé avec ce que vous avez proposé auparavant, par rapport à votre public ?

Non, je suis en accord avec ce que j'ai fait. Ce n'est pas une peur, c'est plus une impatience et en même temps, c'est la première fois que je suis un peu stressé à la sortie d'un album, parce que c'est la première fois que je suis aussi concerné dans ce que je fais. J'ai hâte. J'ai envie de savoir ce que les gens vont penser. Un homme fonctionne très bien, il est bien accueilli et je sais ce qu'il y a dans l'album.

Le chanteur Jérémy Frérot, sur la scène des Francofolies, à La Rochelle, en juillet 2019.
Le chanteur Jérémy Frérot, sur la scène des Francofolies, à La Rochelle, en juillet 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)