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Jean-Marie Cavada : "Mon premier souvenir c'est l'exécution de maquisards sous nos yeux"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, l'ancien député européen Jean-Marie Cavada.

Jean-Marie Cavada à Paris le 15 avril 2019
Jean-Marie Cavada à Paris le 15 avril 2019 (NOÉMIE BONNIN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Depuis le 1er juillet, Jean-Marie Cavada n'est plus député européen, il avait annoncé s'arrêter après son troisième mandat. Avant cela, sa carrière l'a mené, entre autres, à la présidence de Radio France. "C'est là que j'ai commencé ma carrière nationale, à France Inter. Le patron de l'information de l'époque m'avait dit 'Ecoutez, moi j'ai besoin de vous parce que personne ne veut s'occuper de l'Europe, et vous ça a l'air de vous intéresser.'"

La transmission a toujours été une évidence dans son parcours. "J'étais un orphelin placé dans une ferme en pension. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, j'allais à l'école en descendant de ma montagne, l'hiver à ski, et là j'ai découvert le monde, moi qui n'en avais aucune idée, autour d'une mappemonde. Mon instituteur m'a fait voyager alors que je n'avais fait que quelques kilomètres du haut de la montagne au bas de la vallée et inversement."

L'information en tout cas a toujours été au coeur de sa vie. "Mon premier souvenir d'enfant, ce n'est pas une peluche, c'est l'exécution de maquisards sous nos yeux. Mon premier souvenir, ce sont des éclairs qui sortent d'un fusil. Si je remonte un peu plus haut je ne me souviens de rien."

Si j'avais été derrière un guichet de banque, j'aurais fait pour mes loisirs, probablement en payant, ce que j'ai fait toute ma vie en étant payé. Le journalisme c'est pour moi le plus beau métier du monde, on vous paye pour tout comprendre, tout savoir, et le restituer.

Jean-Marie Cavada

à franceinfo

Quand on pense à Jean-Marie Cavada, on pense forcément à La Marche du Siècle. "C'était une émission formidablement jouissive, avec une équipe magnifique, mais aussi une émission qu'il fallait porter, avec des douleurs. J'ai en tête une dame, qui était SDF. Cette femme, le jour où elle est venue raconter sur le plateau ce que c'est que la vie de SDF, personne ne la ramenait, et moi le premier. Après je ne pouvais plus dormir. J'allais me balader jusqu'à 2-3h du matin sur les quais de la Seine. Et il y a eu beaucoup de cas comme ça."

Aujourd'hui, Jean-Marie Cavada est fier de son parcours. "J'aime bien ma vie. J'ai eu énormément de chance, avec des gens remarquables qui m'ont toujours tiré vers le haut. J'ai presque fini d'apprendre, je pourrais presque commencer."

Evidemment, il y a l'horloge. Mais l'idée que je vais mourir un jour n'est jamais monté jusqu'à mes neurones, donc ça n'existe pas. Je continue, voilà. C'est une jolie vie debout.

Jean-Marie Cavada

à franceinfo

Aujourd'hui, Jean-Marie Cavada a décidé de se consacrer à la création d'une frontière entre les libertés du citoyen et l'industrie du numérique.

Jean-Marie Cavada à Paris le 15 avril 2019
Jean-Marie Cavada à Paris le 15 avril 2019 (NOÉMIE BONNIN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)