Guy Drut : l'attribution des Jeux de 2024 à Paris, c'est "ma dernière victoire olympique"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, l’homme politique et ancien champion olympique du 110 mètres haies, Guy Drut. Il publie "Champions inoubliables" aux éditions du Cherche-Midi.

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Guy Drut, membre du Comité international olympique, le 15 septembre 2017 à Paris (France), après l'attribution de l'organisation des Jeux olympiques de 2024 à Paris (JULIEN MATTIA / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Athlète et homme politique, Guy Drut a été vice-champion olympique aux 110 mètres haies en 1972, puis médaillé d'or aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Depuis 1996, il est membre du Comité international olympique, nommé également ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement d'Alain Juppé, entre 1995 et 1997. Aujourd'hui, il signe l'ouvrage Champions inoubliables aux Éditions du Cherche-midi.

franceinfo : Champions inoubliables, c'est votre histoire racontée à travers celles et ceux qui vous ont inspiré ?

Guy Drut : C'est tout à fait ça. J'ai toujours eu une grosse émotion à la fois quand je faisais les compétitions, mais également quand je les voyais. Et cette émotion se traduit aussi à travers les photos, les photos d'événements sportifs. Et c'est un peu ce que j'ai voulu faire.

"Je crois que mon rôle aujourd'hui, c'est de transmettre cette passion qui nous a habités et qui nous habite toujours."

Guy Drut

à franceinfo

Le sport est entré dans votre vie dès votre enfance. Votre grand-père d'origine britannique était entraîneur de foot, votre père, gardien de but. C'est là, vraiment, que vous prenez goût au sport, sur les terrains de foot.

C'était une deuxième maison. Je suis né dans le Pas-de-Calais. Le stade était un peu le jardin public de la commune. Les familles s'y retrouvaient pour voir les joueurs, pour voir les entraînements, pour voir les athlètes. C'était un lieu dans lequel on était bien.

Votre papa était mineur, d'un milieu modeste et votre maman était sur les bords des stades afin d'encourager les équipes. C'est vraiment un esprit familial, le sport faisait partie de la famille. 

Complètement. Mon frère, ma soeur sont des sportifs. Toute ma famille est sportive et j'ai épousé par deux fois des sportives, donc tout le monde est sportif à la maison.

Vous étiez passionné de foot, mais pourtant, vous avez préféré les pointes aux crampons.

J'ai vécu le football dans un premier temps et puis assez rapidement, parce que j'étais un peu maigrichon quand j'étais gamin, ma mère a demandé à l'entraîneur Pierre Legrain de s'occuper de moi. Et là, j'ai découvert l'athlétisme et ça a été un éblouissement.

C'est lui qui va réussir à vous convaincre de toucher à d'autres disciplines techniques. Vous allez être dirigé vers la course de haies parce que le fils de Pierre Legrain, un jour, vous demande de faire un chrono avec lui et vous égalez le record de France.

J'ai fait 80 mètres haies en 10,5 secondes. Je m'en souviens comme si c'était hier. Je revois encore un Pierre qui regarde son chrono et dit :"Non, je me suis trompé". Et puis finalement, j'ai refait la même performance. Donc on s'est dit à ce moment-là qu'il y avait peut-être quelque chose à faire.

Vous avez su, très tôt, que le sport allait faire partie de votre vie, que vous aviez trouvé votre voie.

Bien sûr. À tous les niveaux, aussi bien dans l'exercice, dans le mouvement qu'après dans le mental, dans la façon d'aborder les compétitions parce que la vie est une compétition. Et après, quand j'ai fait de la politique, je m'y suis retrouvé parce que quand vous affrontez une élection, il faut la préparer, puis il faut l'exécuter. C'est comme un championnat.

"J'ai toujours considéré la politique comme un service auprès de l'autre."

Guy Drut

à franceinfo

Mon père politique était Jacques Chirac, il le sera toujours. Entrer en politique pour moi, c'était un besoin de rendre service et de me mettre à la disposition des autres. Avec le caractère que j'ai, ça n'a pas toujours été facile. Mais je pense que ça ne s'est pas trop mal réglé puisque j'ai été élu et réélu régulièrement.

En tout cas, vous avez toujours fait en sorte effectivement de transmettre. Votre médaille d'or aux J.O de 1976, elle a changé quoi ?

Au départ, ce n'était pas facile parce que c'est bien quand toutes les lumières s'allument, mais quand toutes les lumières s'éteignent, il faut supporter le moment. Il faut être bien entouré. Et moi, je l'étais et puis je m'y suis remis petit à petit jusqu'au jour où Jacques Chirac m'appelle pour me dire : "Écoute, j'ai besoin de quelqu'un, auprès de moi, qui connaisse vraiment le sport. Est-ce que tu veux être celui-là ?"

Quand vous avez annoncé votre retraite, avez-vous tout de suite pensé à comment vous alliez habiller cette retraite sportive où étiez-vous en panique ?

À ce moment-là, il y a deux personnes qui m'ont tendu la main, c'est Bernard Tapie et Jacques Chirac. Bernard Tapie qui me proposait de travailler avec lui en devenant directeur du Paris Country Club qu'il voulait racheter, et puis Jacques Chirac, qui me proposait de l'accompagner dans un parcours politique. J'ai choisi Chirac.

Avant de refermer ce livre, on voit cette date : 2024. Ce sont les Jeux olympiques de Paris.

C'est ma dernière victoire olympique que j'ai partagée. Alors que l'athlétisme est un sport individuel, là ça a été une victoire collective. C'était la sixième fois que je participais à une candidature, ça avait commencé avec Jacques Chirac pour les J.O d'Albertville en 1992. Et puis ensuite, il y en a eu quelques autres. C'était la dernière fois que je pouvais être candidat, pour ces Jeux de 2024 et cette fois-là, ça a été la bonne. Donc, tout le monde était ravi.

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