Etienne Daho fête ses 40 ans de carrière avec "VirusX" et deux rééditions

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, le chanteur Etienne Daho.

Article rédigé par
Élodie Suigo - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Etienne Daho. (RICHARD DUMAS / PRESSE POLYDOR)

Les 40 ans de son premier album, Mythomane, Etienne Daho les fête dignement, avec une réédition, deux lives inédit et un nouveau single, VirusX. Il s'est confié à Elodie Suigo.

franceinfo : Etienne Daho, comment regardez-vous ces quatre décennies passées sur scène ?

Je n'ai rien vu passer. Quand on a un métier avec plein de joies, d'excitation, de projets fantastiques et de rencontres, ça passe très vite ! Le temps passe, on court avec le temps, et d'un coup on se dit "40 ans, c'est gigantesque".

Appeler un premier album Mythomane, il faut être courageux ! 

C'est vrai, avec le recul. Je pense que quand on est ado, on se raconte des histoires, on imagine sa vie beaucoup plus jolie, belle et excitante qu'elle ne l'est. Je crois que j'étais comme ça, et les gens autour de moi aussi.

Le condamné à mort fête, lui, ses 10 ans. Cette tournée avec Jeanne Moreau était très importante pour vous, d'ailleurs à sa disparition elle a souhaité que vous la représentiez, que vous deveniez son administrateur.

Oui, pour poursuivre sa mémoire. Je ne le savais pas de son vivant, à chaque fois elle voulait me le dire, mais elle me disait que ce n'était pas le moment. Quand je l'ai su, je n'était pas sûr de vouloir accepter parce que j'étais très occupé, et je ne voulais pas promettre des choses que je ne pourrais pas faire. Et en même temps, quand quelqu'un à cette confiance suffisamment importante en vous, c'est difficile de refuser.

"On s'est rencontrés, on s'est compris, quelque chose s'est produit. Elle était un peu comme une jeune fille impétueuse, mettait l'artistique toujours au centre de ses choix, et ça, c'est quelque chose qui me plaît, qui est important pour moi."

Etienne Daho

à franceinfo

Le live avec Jeanne, c'est fort. Les textes sont magnifiques, mais quand on est immergés dans quelque chose on ne se rend pas compte. Mais quand je me suis vu, avec le recul, ces dix années d'écart,  je me suis demandé "Comment j'ai pu faire ça ?" Il y a des monologues qui sont très crus, très sexuels, qui font qu'on est à poil devant les gens. J'étais assez fier de moi.

Vous aviez besoin de vous relancer, de nouveau challenges !

J'ai besoin de projets qui me ramènent à mes envies de base, de Mythomane. Le Condamné à mort c'était un projet libre, heureusement j'avais terminé mon contrat de disque, donc j'ai pu faire un label avec lequel j'ai enregistré cet album en toute liberté, en finançant moi-même, en prenant le temps dont j'avais besoin, j'étais totalement autonome. C'était une liberté importante. Parfois on a besoin de repartir à sa base, de dire "je suis ça, et pas autre chose". 

Le 2 décembre, l'Académie française va vous remettre la grande médaille pour l'ensemble de vos chansons, c'est une fierté ?

D'abord, je ne savais pas que l'Académie française avait un oeil sur la chanson, donc j'étais extrêmement surpris. Ca fait un immense plaisir parce que ça veut dire que ce que vous avez fait laisse de jolies traces. Ça pousse dans le dos aussi. 

"On pourrait se dire que quand on a ce genre de récompense c'est un peu la fin, moi ça me pousse à regarder vers demain."

Etienne Daho

à franceinfo

 Ce n'est pas qu'une victoire personnelle, j'ai reçu beaucoup de messages d'amis d'inconnus, c'est aussi pour ma mère, pour ma famille, les gens qui ont été là, m'ont élevé, c'est une joie et une récompense collective.

Votre dernier single s'appelle VirusX, on pense évidemment à la pandémie, mais aussi à l'amour, à la toxicité de certaines personnes et certaines choses, c'est ça le message ?

Entre la vie personnelle et ce qu'on a tous traversé, il y avait une coïncidence, et c'était amusant, j'ai superposé les deux pour en faire quelque chose d'un peu léger.

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