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Disiz La Peste : "J'ai encore cette envie, j'ai encore des choses à dire"

Disiz La Peste revient avec un douzième album intitulé "Disizilla". Le rappeur revient sur son enfance à Évry et se confie dans des titres tels que "Hiroshima" ou "Terre Promise".

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Le rappeur Disiz, lors de la 23e édition du Festival des Vieilles Charrues, le 20 juillet 2014.
Le rappeur Disiz, lors de la 23e édition du Festival des Vieilles Charrues, le 20 juillet 2014. (FRED TANNEAU / AFP)

Disiz La peste occupe une place dans le rap français depuis 20 ans déjà. Il a également publié deux romans, joué dans une pièce de théâtre (Othello, 2013), et a eu un rôle dans un film (Dans tes rêves, 2004) aux côtés de Jean-Pierre Cassel et Béatrice Dalle. Il signe son grand retour vendredi 14 septembre avec un douzième album. 

Son titre Disizilla détourne le nom d'un très célèbre dinosaure japonais qui se réveille pour nous percuter, afin de nous prouver que le rappeur est toujours à la page.
Une autre chanson de cet album s’intitule Hiroshima. Il s'agit d'une métaphore mais aussi d'un cri du cœur. Ou quand un rappeur raconte comment l’amour peut nous irradier : "La métaphore du nucléaire est aussi positive que négative. À chaque fois que je marche dans ma ville d'Évry, à côté de l'école où la première fois j'ai embrassé une fille qui s'appelait Sonia, je pense à cela. Je suis irradié de ce souvenir lumineux, celui d'avoir embrassé pour la première fois une fille à cet endroit-là", se souvient Disiz La Peste. 

"Ma mère m'a transmis le plus important"

Avec cet album, le rappeur Disiz La Peste ouvre véritablement son cœur.
Il éprouve le besoin de transformer sa colère en forme artistique, lui que l'on ressent à fleur de peau.
Disizilla permet au rappeur de se confier et de ce qu’il a vécu enfant, élevé par une mère seule devenue rapidement dépressive. Le rappeur s’est construit dans un climat difficile. On le ressent dans Terre promise qui prend aux tripes. Dans ce titre, Disiz La Peste chante avec son regard d’enfant : "Je ne me rendais pas compte de ce climat-là quand j'étais petit parce que la force de l'enfance est de tout sublimer. On n'a pas trop d'éléments comparatifs, on a une vision du monde assez restreinte. On ne peut donc pas trop comparer ce que l'on vit avec la vie des autres. Je sublimais tout, même le fait d'avoir parfois été devant une maman qui peut être éteinte, triste, en train de pleurer", confie-t-il.

Loin des clichés, le rappeur porte un amour inconditionnel à sa mère qui lui a transmis des valeurs auxquelles il est attaché. L’empathie reste son moteur de vie.
"Elle m'a transmis ce qui est, je pense, le plus important pour un enfant. Je pense que l'empathie est ce qui nous différencie des autres êtres vivants, la notion du bien et du mal. Bien sûr, le bien ici n'est pas le bien là-bas, mais lire dans le cœur des autres, c'est extrêmement important."

"Je n'avais rien pour réussir"

À 40 ans Disiz est encore debout, avec une furieuse envie de profiter de de la vie chaque jour un peu plus, de s’évader aussi.
Il a également cette envie de partager ce qu’il a caché et enfoui pendant des années et de transmettre sa passion pour les mots.

C'est une victoire sur moi-même dans le sens où cela fait 20 ans que je fais cela.

Disiz, à propos de "Disizilla"


Le rappeur se refuse à dire que cette réussite est une victoire sur la vie. Il considère qu'il est encore trop tôt pour le dire : "Je ne sais pas si c'est une victoire sur la vie. Cela serait prétentieux que de le dire parce que je n'ai que 40 ans. J'ai encore cette envie, j'ai encore des choses à dire. Je suis encore intéressant et c'est une victoire. Je n'avais rien pour réussir, rien du tout."

La scène pour être "en communion" avec son public

Disiz c’est aussi une présence sur scène, comme une échappatoire qui lui permet d’oublier le temps qui passe.
C’est une relation intime qu’il partage avec le public pour transmettre ses émotions. "La scène est l'un des seuls endroits où je me sens bien. C'est comme s'il y avait une parenthèse, je n'ai plus conscience du temps et de l'espace. Je ne suis pas en représentation quand je suis sur scène. Je ne suis pas là pour faire un karaoké géant avec des gens qui aiment ma chanson et qui la chantent avec moi", explique-t-il. "Le fait que l'on soit en communion, que l'on vive quelque chose et qu'on s'approprie des émotions, qu'on les vive ensemble, c'est cela qui me plaît !"
Le monstre Disizilla, tant attendu, viendra vous réveiller avec douceur et mélodie pour vous faire découvrir la puissance des mots, à travers ses 16 titres.

Le rappeur Disiz, lors de la 23e édition du Festival des Vieilles Charrues, le 20 juillet 2014.
Le rappeur Disiz, lors de la 23e édition du Festival des Vieilles Charrues, le 20 juillet 2014. (FRED TANNEAU / AFP)