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Dick Annegarn : "Les villes font partie de mon corps social"

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Le musicien et interprète Calogero est l'invité du monde d'Elodie lundi. Le Néerlandais, très attaché à la ville de Bruxelles où il a passé une quinzaine d'années, sort son dix-neuvième album "12 Villes 12 Chansons" dans lequel il a "rajouté encore plus de mélodie."

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
L'auteur-compositeur-interprète néerlandais Dick Annegarn. (XAVIER LEOTY / AFP)

Il cultive l’art de la chanson populaire depuis maintenant 45 ans. Dick Annegarn sort son dix-neuvième album en version digitale le 31 août et le 7 septembre en physique. Son album 12 Villes 12 Chansons est une reprise de douze de ses chansons qui racontent des villes, notamment Bruxelles où il a passé quinze ans de sa vie, lui qui est né à La Haye, aux Pays-Bas. Ces chansons représentent pour lui "les portes du monde mais aussi les portes de mon monde. Cela commence par une catastrophe, Tchernobyl Blues, cela finit par une catastrophe, Xilinji, qui est un grand incendie au nord de la Chine. Je n’ai jamais trop eu des rapports avec des Russes mais j’ai des rapports avec des Asiatiques puisque j’ai eu un amant Asiatique. C’est donc une porte dans mon intimité paradoxalement, les villes font partie de mon corps social", confie-t-il.

Dick Annegarn, pourtant reconnu, se démarque par la façon avec laquelle il se situe dans le paysage musical francophone : "Je ne voulais pas être chanteur, je voulais être agriculteur. J’ai aujourd’hui une ferme, j’ai un tracteur. Je me situe donc comme un artiste à mi-temps à vrai dire. Je tiens absolument à avoir ma vie sociale et à faire mon marché."

"Il faut garder sa sensibilité"

Bruxelles est indissociable de Dick Annegarn, devenue un symbole lors des attentats de 2016 a une vraie résonance dans sa vie : "Elle représente la chance pour moi, c’est une chanson qui, à la base, était une chanson de départ car j’ai quitté Bruxelles pour Paris. Je trouvais que Bruxelles c’était la nostalgie, c’était les soixante-huitards belges qui noyaient leur révolution dans la bière. J’ai voulu quitter la violence entre les Flamands et les Wallons, cela ne m’intéressait pas. La lutte continue, mais on peut aussi vivre ensemble… Ce Bruxelles est aujourd’hui devenu une chanson d’espoir, dans la mesure où l’on peut garder son émotion pendant que ça tire… Il faut garder sa sensibilité, il ne faut pas s’insensibiliser, c’est peut-être cela le message transformé de Bruxelles aujourd’hui. J’essaie de rajouter encore plus de mélodie, c’est cela 12 Villes 12 Chansons : on a rajouté de la musique à la musique."

Et sur ces 45 années de carrière, Dick Annegarn garde en tête "la réussite qui a payé parce que mes chansons continuent, sans moi. Je ne suis pas un saltimbanque même si je voyage. J’aime bien cette notion de "clochard céleste."

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