Le monde d'Elodie, France info

Christophe Alévêque : "Ce qui est intéressant en humour, c'est de franchir la ligne rouge"

L'humoriste engagé, acteur et chroniqueur Christophe Alévêque répond aux questions d'Elodie Suigo à l'occasion de sa "Revue de presse" et de la première représentation de "La Dame de chez Maxim" qui se dérouleront tous deux au mois d'octobre.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
L\'humoriste Christophe Alévêque, en mai 2015, à Paris.
L'humoriste Christophe Alévêque, en mai 2015, à Paris. (JOEL SAGET / AFP)

Christophe Alévêque connaît bien la Maison de la Radio pour y avoir travaillé. Il y a même fait ses débuts aux côtés de Laurent Ruquier dans l’émission "Rien à cirer" sur France Inter.
Il fait partie de ces humoristes "touche à tout", invité régulièrement à la télévision pour ses côtés à la fois drôles et cinglants et n'a pas pour habitude d'arrondir les angles. Il ne déroge pas à la règle dans sa Revue de presse qu'il va proposer une fois par mois au Théâtre du Rond-Point à partir du 21 octobre.
Christophe Alévêque sera également au Théâtre du Gymnase Marie-Bell à Paris pour la pièce La Dame de chez Maxim écrite par Georges Feydeau, à partir du 3 octobre.
Il joue toujours avec beaucoup d’humour et ne quitte pas ce côté exacerbé et déjanté, indissociable de Feydeau.

L'humour pour "crever l'abcès"

Christophe Alévêque nous explique pourquoi il a choisi cette voie de l'humour : "Ce n'est pas une vocation, j'ai commencé assez tardivement, à 23 ou 24 ans, quand j'ai fini mes études. J'ai pris des cours de théâtre et je me suis rendu compte qu'il y avait un truc... À la base, je voulais écrire, mais personne ne voulait de mes textes. J'ai donc décidé de les jouer. C'était l'humour, mais cela aurait pu être la tragédie, la comédie, le boulevard ou le cinéma." 

Christophe Alévêque est ce que l'on appelle un artiste engagé. Il s'est parfois beaucoup livré dans ses sketchs, ce qui a donné lieu à quelques inimitiés et suscité une certaine animosité : "J'irai même plus loin : j'ai été con", concède-t-il. "La revue de presse que je fais une fois par mois au Rond-Point n'a pas de structure car je ne veux pas me donner de limites. Si tout est écrit, si les mots sont déjà alignés, on ne peut pas aller au-delà. Ce qui est intéressant en humour, c'est de franchir la ligne rouge, selon moi. J'adore cet exercice, mais forcément, de temps en temps, oui on peut déraper. Je suis dans l'excès, je le revendique. Je pousse un sujet au bout pour crever l'abcès", explique Christophe Alévêque. 

Une disparition et un déclic

L'humoriste a aussi ses failles et ses blessures car la vie réserve parfois de mauvaises surprises : son père est parti prématurément à l’âge de 42 ans d’une rupture d’anévrisme.
Cette disparition a changé sa vie et ses envies. "Je l'ai enterré le jour de mes 19 ans. J'ai mis très longtemps à m'en remettre. Je ne sais pas si je m'en suis remis d'ailleurs. J'ai décidé une chose lorsque l'on m'a dit à l'hôpital que c'était fini : celle que je ne ferais pas de choses qui m'emmerdent dans la vie", confie-t-il. J'étais en train de faire des études de commerce, j'ai eu un déclic et je savais que je n'allais pas faire ce métier-là parce que cela m'ennuyait. Mais j'étais sûr que j'allais faire quelque chose qui allait me remplir."

Dans La Dame de chez Maxim, il joue le rôle du docteur Petitpont qui a malheureusement, et en tout bien tout honneur, dormi avec une danseuse un soir où sa femme n'était pas là.... Cela donne lieu à des scènes drôles, improbables, loufoques où il est accompagné d'Énora Malagré et François Rollin, tous trois réunis le temps d'une scène pour un tableau explosif. 

L\'humoriste Christophe Alévêque, en mai 2015, à Paris.
L'humoriste Christophe Alévêque, en mai 2015, à Paris. (JOEL SAGET / AFP)