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Arturo Brachetti : "Ma mission, c’est le spectacle, cette espèce de Peter Pan de 61 ans"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Elodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, le transformiste Arturo Brachetti.

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Arturo Brachetti, lors du festival international du film de Venise, en 2015.
Arturo Brachetti, lors du festival international du film de Venise, en 2015. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

À 61 ans, Arturo Brachetti remonte sur scène pour son spectacle Solo. Plus de simplicité, mais toujours autant de magie et de malice pour le transformiste le plus rapide du monde. Aujourd’hui, quand on pense transformisme, l’art de se changer en quelques secondes, on pense forcément à Arturo Brachetti. C’est lui qui, depuis ses 15 ans, remet au goût du jour cette branche de la magie. Il compte près de 450 costumes, et pourtant, le jeune Arturo tombe dans la magie un peu par hasard.

C’est sa rencontre avec un prêtre a l’âge de 14 ans qui lui a non seulement donné le goût de la magie mais aussi et surtout l’a encouragé à poursuivre dans cette voie. "J’étais un enfant timide, je viens de la ville de Turin, les après-midi dans les années 60, on jouait avec les pinces à linge, ça m’a poussé à utiliser ma fantaisie, à 11 ans, on m’a mis dans un séminaire pour m’obliger à jouer avec les autres puis finalement a 14 ans, je rencontre un prêtre qui faisait des tours de magie. Là, je me suis dit que c’était mon 'rescato', mon as dans la manche."

L'italien avec la tour Eiffel sur la tête

Pour réaliser son rêve, il a fallu créer son identité. Quand on pense Brachetti, on pense forcément à sa célèbre houppette. "Avant ma houppette, je n’étais pas reconnu dans la rue. Pour faire "Songe d’une nuit d’été" de Shakespeare, on m’avait demandé de faire une coiffure bizarre. J’ai débarqué avec une houppette, et à Paris, dans les années 2000, les Français commençaient à dire : "Tu vois c’est l’italien avec la tour Eiffel sur la tête". Et finalement l’homme aux mille visages avait son vrai visage."

Outre sa coiffure, ce qui frappe chez Brachetti, c’est sa vivacité, sa joie. Il ne vieillit pas ! Et s’il donne cette impression, c’est grâce à sa mentalité. Arturo Brachetti, 61 ans, est en réalité toujours un enfant. "Ma mission, c’est le spectacle, cette espèce de Peter Pan de 61 ans. Dans le spectacle, il réalise son rêve d’être jeune, d’être 20 femmes, 40 hommes, de voler, de disparaître."

Arturo Brachetti au Guinness World Records 

Bien sûr, ce qu’on retient chez Arturo Brachetti, c’est quand même la vitesse incroyable avec laquelle il change de costume, en une seconde et demi, mais ses spectacles vont au-delà de la simple prouesse technique. Parce qu’Arturo Brachetti, ce n’est pas que de la magie, c’est d’abord et avant tout de la poésie. "Je cherche à faire de la poésie dans mon spectacle. La vrai force du spectacle solo, c’est qu’il y a beaucoup de farandole, de surprise magique, des costumes, des lasers, mais à la fin, c’est pour rejoindre le cœur du problème, c’est-à-dire l’émotion."

La seule peur du transformiste : arrêter la scène, qui est vitale pour lui. "Ma plus grosse peur, c’est de pas pouvoir continuer ce travail, j’espère continuer à faire des spectacles, c’est un rêve. Parce que moi, je vis comme un vampire de la merveille des autres, ça me rend heureux."

Arturo Brachetti vous émerveille avec son spectacle "Solo" dans toute la France depuis début décembre, et sera du 30 janvier au 6 février au théâtre Comédia à Paris. 

Arturo Brachetti, lors du festival international du film de Venise, en 2015.
Arturo Brachetti, lors du festival international du film de Venise, en 2015. (GIUSEPPE CACACE / AFP)