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"Calligraphie chinoise. L'art de l'écriture au pinceau" de Lucien Polastron

Pour les chinois, l’écriture est le reflet parfait du monde. C’est ce que rappelle Lucien Polastron,grand connaisseur de l’Extrême-Orient, dans un livre splendide sur la calligraphie, le livre et la culture chinoise.

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Un livre qui montre, qu’après tout, le chinois n’est pas si difficile que ça.  

Calligraphie chinoise. L'art de l'écriture au pincea u, de Lucien Polastron est publié aux éditions de L'Imprimerie Nationale (300 p., 75E) Note : ****

Présentation de l'éditeur

Pour la pensée chinoise, l’écriture est le reflet parfait du cosmos.
Le mot qui enracine cette idée est wen, que l’on traduit en général par
“culture”. Et de quoi wen est-il originellement le nom ? Des stries.
Rides qui s’entrecroisent sur les flots, rayures du tigre, nervures des
feuilles qui inspireront les huit trigrammes du Yijing, donc des lignes
qui savent dire le monde. C’est ainsi que l’entend le Shuowen jiezi d’où
le constat que “ces wen sont à l’origine de l’écriture et de la
peinture, mais aussi de la littérature et de la culture, en un mot de la
civilisation”. Or le cosmos, contrairement aux visions de quelques
égarés qui le tiennent pour un chaos, témoigne d’une organisation
harmonieuse allant toujours en se renouvelant, un ordre parfait. D’où
l’ordre immuable des traits. D’où aussi l’impression qu’un caractère
réussi forme une galaxie miniature dont chaque élément attire et
repousse chacun des autres éléments. Le jeu des formes est, ici, bien
éloigné de toute préoccupation esthétique et il est clair que le
calligraphe agissant se sent pénétré d’énergies venues de plus profond
que lui : son corps est le vecteur qui transmet jusqu’à la pointe
extrême du pinceau l’architecture de l’univers. Cet ouvrage regroupe
cent des plus illustres calligraphes chinois, avec illustrations de leur
graphie : de Cai Yong (132-192), sous les Han, poète et premier
calligraphe majeur de l’histoire, et sa fille, la légendaire Cai Yan, au
créateur de la cursive sur soie, Zhang Zhi (190), jusqu’à Mao Zedong et
son fidèle, l’écrivain Guo Moruo, Feng Wenfeng (1901-1960) présidente
de la Société des femmes calligraphes, en passant par les empereurs
mandchous Kangxi (1661-1722) et Qianlong (1736-1795), l’empereur Song,
Zhao Ji (1082-1135), le fameux poète Tang, Li Bai, les hauts
fonctionnaires Wang Xizhi (303-361), auteur de la célébrissime Préface
au Pavillon des orchidées et son fils Xuanzhi… Plus bien d’autres,
puissants ou obscurs, tous maîtres en variations de l’art du pinceau.

Biographie de l'auteur

Lucien X. Polastron, expert des arts de la calligraphie et du livre,
est, depuis des décennies, un profond connaisseur de l’Extrême-Orient.
On lui doit plusieurs ouvrages sur les calligraphies chinoise et
japonaise (Fleurus et Larousse , Dessain & Tolra ), et deux essais
marquants : Livres en feu . Histoire de la destruction sans fin des
bibliothèques
(Denoël, 2004, Folio Essais 2009) et La Grande
Numérisation
. Y a-t-il une pensée après le papier ? (Denoël, 2006). Aux
éditions de l’Imprimerie nationale, son ouvrage, Le Papier, 2000 ans
d’histoire et de découvertes
, fait autorité ; Le Trésor des lettrés
(2010) qui décrit les matériaux et le décor de l’art d’écrire est la
plus belle ouverture au présent livre.

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