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Amina Sboui : "Si nous avions laissé tomber, ce serait comme en Iran"

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Amina Sboui, est une ex-membre tunisienne des Femen. Elle a défrayé la chronique en publiant une photo d'elle seins nus sur Facebook avec l'inscription "Mon corps m'appartient". L'histoire d'un combat féministe commencé dès son enfance et dont elle est aujourd'hui un symbole international. Elle se raconte dans Mon corps m'appartient, chez Plon.
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Radio France
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Amina Sboui, jeune Tunisienne de 19 ans, a fait la une des journaux du monde entier en mars 2013 pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux une photo d'elle avec l'inscription "Mon corps m'appartient" sur sa poitrine nue. Un geste pour revendiquer sa liberté dans un pays où les droits de la femme sont toujours plus bafoués. Un geste qui lui a fait endurer la séquestration familiale, puis l'opprobre de la société, y compris de la bourgeoisie progressiste tunisienne, et enfin subir la prison. Son ralliement aux Femen a fait scandale à Tunis. Depuis, elle a pris ses distances avec le mouvement et décidé de poursuivre ses études à Paris.

"Je n'avais pas prévu d'être Femen, je voulais m'exprimer par mon corps et cela aurait pu être n'importe quel groupe. Dans le monde arabe, on doit couvrir son corps de la tête au pied, ou on doit le montrer pour séduire les hommes, dans la pub, la pornographie..., " explique Amina Sboui.

Les Femen lui ont permis de se découvrir et elles lui ont permis de faire avancer les choses. "Peut-être que c'est plus grand que mon âge ce que j'ai fait pour la femme tunisienne. Maintenant on interdit la burka en Tunisie, on a plus d'islamisme. Les militants ont réussi à faire cela. Si nous avions laissé tomber, nous serions comme l'Iran ou l'Arabie Saoudite. "

Amina Sboui a du expliquer son geste aux autres femmes. "Je prends mon temps pour parler avec ces filles, parce que ce n'est pas si simple de se dénuder. Il faut expliquer que l'on peut mourir, aller en prison, que l'on risque tout. "

Si elle a quitté les Femen c'est parce qu'elle a jugé que certaines de leurs actions n'avaient aucun sens. "Je critique surtout l'inconscience politique des Femen parce qu'elles n'en ont pas et la dictature qui se passe à l'intérieur du groupe. On lutte contre une dictature et on ne veut pas d'un groupe de dictateurs. Les Femen mettent des lignes, on doit avoir un certain âge, une certaine taille, un style d'habillement et tu dois te taire. Tu ne dois pas négocier. "

Mon corps m'appartient , chez Plon

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