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Que peut-on réellement publier sur Facebook ?

Facebook interdit l' "Origine du Monde" de Courbet, mais laisser circuler des "blagues" sexistes au nom de la liberté d'expression. Officiellement, le réseau social lutte contre le terrorisme avec les gouvernements. En pratique, des vidéos de propagande djihadistes sont parfois présentes plusieurs jours durant avant d'être supprimées. Comment comprendre la politique de "censure" de Facebook ?

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(© Facebook)

 En fait, c’est assez confus. Quand un utilisateur diffuse sur son compte une reproduction du célébrissime nu de Gustave Courbet,  "L’origine du monde" , hop, compte cloturé. Oui, Facebook est assez chatouilleux en terme de nudité. Mais quand des petits malins s’amusent à diffuser des appels au viol. Eh bien il faut des jours de mobilisation menés par des associations de femmes pour que ces contenus soient supprimés. Sous couvert de liberté d’expression, les modérateurs avaient laissé passer.

Un milliards et demi d'utilisateurs à moderer

Facebook s’est ensuite excusé. Et à l’automne dernier, le groupe a expliqué à la presse sa politique en matière de censure. Deux choses :

  1. Il s’avère assez compliqué de modérer un milliards et demi d’utilisateurs, réparti dans le monde entier, évoluant donc dans des contextes culturels et législatifs très différents.

  2. Sur Facebook, la modération, se fait à postériori. Pour intervenir, il faut que quelqu’un signale un élément contrevenant à la charte de la communauté. Celle-ci interdit notamment les violences, les incitations à la haine, le harcèlement et la nudité. Sauf que, entre le premier signalement du contenu litigieux, son analyse par les équipes de Facebook et sa suppression éventuelle, il peut rester en ligne plusieurs jours.

Logiciel anti-terroriste

A deux exceptions près : Facebook collabore directement avec les États dans la lutte contre le terrorisme ou la pédo-criminalité. Là, c’est un logiciel qui analyse les contenus : plus rapide que les modérateurs, il permettrait aussi d’identifier un éventuel réseau, connecté au premier utilisateur suspecté.

Ca, c’est pour la théorie… En pratique, souvenez-nous : l’an dernier, les vidéos de décapitations d’otages par des djihadistes ont bien pu circuler. Pour Facebook, c’était une façon de condamner le crime… Jusqu’au jour où, sous la pression, les modérateurs y ont plutôt vu une apologie de la barbarie. Et là, vidéo supprimée.

(© Facebook)