Le décryptage éco, France info

Trop de visas pour travailler dans la Silicon Valley

Nous allons dans la Silicon Valley, ce matin. Rien ne va plus entre les entreprises de l’internet et le Congrès américain. L’enjeu : l’obtention de visas pour de jeunes génies de l’informatique.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Franceinfo
Franceinfo (Franceinfo)

C’est une histoire assez incroyable que je vais vous raconter ce matin. Le service de l’immigration en Californie a révélé hier le nombre record de demandes de visas déposées par de jeunes étrangers qui veuillent venir travailler dans la Silicon Valley. Alors il ne s’agit pas de n’importe quels travailleurs étrangers, mais de jeunes et brillants informaticiens, des programmeurs, du spécialiste du code, venus de monde entier tenter leur en chance en Californie et qui rêvent donc d’obtenir le fameux visa H1B, réservé aux  "travailleurs hautement qualifiés". Les candidats devaient s’acquitter de la coquette somme de 10.000 dollars et ils avaient une semaine au début du mois d’avril pour déposer leur dossier. Et bien cette année, ce fut une ruée colossale : 233.000 demandes de visas ont été déposées, le nombre a presque doublé en deux ans. Problème : il n’y aura que 85.000 gagnants. Et les autorités ont annoncé, que face à un tel afflux de demandes, elles procéderaient, écoutez moi bien, par tirage au sort ! 

Et là, ce fut un tollé, toutes les stars de l’internet se sont mobilisées

Oui, d’abord il faut préciser ce sera la troisième année que ces visas seront attribués par la loterie, c’est à dire par un ordinateur qui choisit de manière aléatoire. Mais oui, cette affaire a provoqué un tollé, Fabienne, les 8000 entreprises de haute technologie de la Silicon Valley se plaignent depuis des années de manquer de bras et surtout de tête bien faite, dans le domaine des sciences et de l’informatique. Du coup, toutes les stars de l’internet crient au scandale, elles ont été rejointes par l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg et une pléiade de grands patrons qui ont même créé une association pour défendre ces jeunes étrangers qui demandent à venir travailler aux Etats-Unis. Plusieurs d’entre eux se sont déplacés hier à Washington pour tenter d’infléchir le Congrès.

Ils ont une chance de gagner ?

Aucune chance, Fabienne. En fait Obama, très sensible à l’humeur de la Silicon Valley, avait proposé une réforme de l’immigration dans laquelle il augmentait fortement le quota de visas H1B, mais le texte est bloqué par le Congrès, surtout par les Républicains, qui considèrent que ces étrangers prennent la place de jeunes américains. Si l’affaire fait scandale, c’est que dans un cas sur deux, les fondateurs des start-ups qui sont devenus des géants de l’internet sont des étrangers ou des enfants d’étrangers venus tenter leur chance en Californie : c’est tout à fait spectaculaire, Jerry Yang, fondateur de Yahoo, est thaillanais, Serguei Brin, l’un des fondateurs de Google, est russe, Andy Grove, fondateur d’Intel, est hongrois, Michel Kreiger, l’un des deux fondateurs d’Instagram est brésilien et je pourrais continuer longtemps comme ça. Mais les recalés n’auront peut-être pas tout perdu :

D’autres pays comme le Canada et l’Australie, sont prêts à leur faire des ponts d’or pour les attirer chez eux. La bataille des talents n’a décidément pas de frontières à l’heure de la mondialisation.

Franceinfo
Franceinfo (Franceinfo)