Pouvoir d'achat : faut-il autoriser les supermarchés à baisser leurs marges ?

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Les prix des aliments s’envolent à cause du Covid ou de la guerre en Ukraine. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Un chariot dans un rayon de supermarché. (PATRICK LEFEVRE / MAXPPP)

Face à la hausse des prix dans les rayons, Michel-Edouard Leclerc propose de supprimer les 10% de marge obligatoire sur les produits alimentaires pour rendre du pouvoir d’achat aux Français, dit il. Depuis la loi Egalim 1 de 2018, les magasins, les distributeurs comme Lidl, Leclerc, Auchan doivent vendre les produits alimentaires avec au moins 10% de marge. Autrement dit, quand une enseigne achète au producteur un produit un euro, elle est obligée de le revendre au moins 1,10 euro. 

À l’origine, ce système a été mis en place pour éviter la course effrénée aux prix bas, mais aussi pour garantir un profit minimal aux supermarchés pour qu’en contrepartie, ils achètent plus cher les produits agricoles. Et qu’ils gardent donc un minimum de revenu pour les exploitrants. C’est cette obligation d'une marge de 10% que Michel-Edouard Leclerc demande au gouvernement de supprimer pour que les magasins puissent, par effet domino, baisser les prix dans les rayons. Cette loi avait été votée en 2018 dans un contexte  où il n’y avait pas d’inflation, aujourd’hui, on est à plus de 4,5%.   

Les négociations continuent

Est-ce que le gouvernement peut suivre sa demande ? Ça semble difficile car cela  voudrait dire brader les revenus des paysans. Et à l’origine de cette loi, il y a la FNSEA, le plus puissant syndicat des agriculteurs. Mais de son coté, la Confédération paysanne est plus mitigée, elle dit que cette marge de 10% n’a pas vraiment permis d’augmenter les revenus. En fait, derrière les prix, il y a une guerre des lobbys, où chacun défend ses marges. 

Le gouvernement a demandé à tous les acteurs de la filière de se réunir. Il veut que les industriels, les distributeurs se répartissent les nouvelles hausses de prix. Du coup, ils se réunissent chaque semaine en ce moment pour tenter de se mettre d’accord.

Il y a urgence, les prix des aliments s’envolent à cause du Covid ou de la guerre en Ukraine qui bouscule les importations : +13% sur les pâtes, +7% sur l’huile,  +7% sur la farine, +4,5 % sur le café.  C'est pourquoi la demande de Michel-Edouard Leclerc risque de faire mouche. Même si pour le moment, Leclerc est un peu le seul distributeur sur cette position.  Mais il met un vrai coup de pression sur la filière alimentaire et sur le gouvernement.     

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