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Les lycéens français se réconcilient peu à peu avec l'économie

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L'épreuve d'économie au bac, c'est lundi. L'occasion d'évoquer la place de l'économie dans l'enseignement au lycée, et dans la tête des Français.
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Radio France
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Comment se porte l’enseignement de l’économie au lycée ?

Plutôt bien, et c’est une bonne surprise. D’autant que la place de l’économie au lycée, et le contenu des cours furent pendant une décennie au moins l’objet d’une vive polémique, qui opposa les enseignants et, pour le dire vite, le monde de l’entreprise. Chefs d’entreprises et organisations patronales reprochaient de concert aux profs, une vision partiale et partielle de l’économie, qualifions-la d’altermondialiste, une nette tendance à mépriser ou ignorer l’entreprise, souvent décrite davantage sous l’angle de l’exploitation que sous celui de la créativité, de l’innovation ou de la création de richesses.

Pour donner un exemple : si un manuel évoquait bien Steve Jobs et Apple, c’était d’abord pour parler des dures conditions de travail des chinois qui produisent les ordinateurs, les tablettes et les iPod de la marque à la pomme. Et bien cette polémique, ces procès d’intention, qui recoupaient quand même, il faut le dire, une partie de la réalité, se sont beaucoup apaisés. On est désormais loin des caricatures.

On a longtemps dit que les Français étaient fâchés avec l’économie. C’est toujours vrai ?

Pas en ce qui concerne en tout cas les élèves de terminale ; quand on leur pose la question, on le voit dans différentes enquêtes faites par le ministère, les lycéens apprécient très majoritairement ces cours d’économie qui les ouvrent sur une meilleure compréhension de l’actualité et du monde qui les entoure. Alors si on pose cette fois la question aux Français dans leur ensemble, là ça se gâte, et la réponse est sans ambiguïté : 3 sondés sur 4 jugent globalement que le niveau de culture générale économique des Français est mauvais, voire très mauvais.

Mais d’où cela vient-il, cette difficulté des Français avec l’économie ?

D’abord, quand on compare avec d’autres pays européens, le niveau réel des Français n’est pas si nul en économie. Cette idée-là tient aussi un peu du cliché. Disons qu’il y a encore en France, une certaine méfiance envers le capitalisme et ce à quoi il renvoie : le libre-échange, la précarité ou les dérives financières.

Mais ce qui est très intéressant, c’est que ça n’a pas toujours été ainsi. Au début du XXe siècle, par exemple, les Français n’avaient pas du tout une vision sombre de l’économie. Bien au contraire. Nos économistes étaient d’ailleurs les plus libéraux d’Europe, dans le sillage de Frédéric Bastiat ou de Jean-Baptiste Say dont je conseille la lecture.

En fait une rupture est intervenue, semble-t-il, quelque part entre les deux guerres mondiales. Depuis, les Français sont devenus plus méfiants à l'égard du marché. Mais quand on voit aujourd’hui la progression forte des jeunes qui se lancent dans la création d’entreprise, notamment dans le numérique, on se dit que l’on assiste peut-être à un nouveau retournement.

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