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Le shadow banking

Les grands dirigeants de la planète se sont mis d’accord ce week-end en Australie, pour relancer la croissance et pour lutter contre la fraude fiscale, mais ils ont aussi évoqué le "shadow banking". Pourquoi c'est important?

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Le shadow banking, c’est important. C’est même très important, car cette activité financière a été au cœur de la crise mondiale de 2007-2008. Shadow banking, si on traduit en français, ça donne la " finance de l’ombre". Pour simplifier, dans le monde de la finance, vous avez deux deux grandes branches : d’un côté, les banques, qui  - on l’oublie souvent - sont soumises à des régulations strictes depuis la crise, en termes de fonds propres et de trésorerie et du coup leur rentabilité a beaucoup diminué ; et de l’autre côté, vous avez une finance parallèle, le shadow banking, qui offre les mêmes services, mais n’obéit pas aux mêmes contraintes.

Cette banque de l’ombre, ce sont des fonds de toute nature : des fonds d’investissements, des fonds de private equity qui rachètent par exemple les dettes ou le capital d’entreprises, avec de très forts effets de leviers, et puis vous avez les hedge funds, qui font à peu près les mêmes choses et qui ont encore plus mauvaises réputations. Ces différents fonds ont un point commun : ils prennent le maximum de risques et profitent d’innovations techniques vertigineuses. Elle pèse lourd cette finance de l’ombre dans l’économie mondiale ?

 Très lourd. Le Conseil de stabilité financière, qui est une institution créée par le G20 au moment de la crise, estime que le shadow banking pèse 75 000 milliards de dollars, c’est à dire plus que toutes les grandes économies du monde additionnées. Et plus préoccupant encore, cette finance de l’ombre, qui avait beaucoup diminué depuis six ans, est repartie de plus belle, au point qu’elle a presque retrouvé son niveau d’avant la crise. Tout se passe comme si plus on régulait les banques, et bien plus cette "finance de l’ombre" se développait. Et dans le shadow banking, il n’y a ni règles, ni transparence. C’est ça qui inquiète les dirigeants de la planète qui n’ont pas du tout envie d’une nouvelle crise financière. Mais elle est légale cette finance de l’ombre ?

 Elle est légale, mais elle n’est pas régulée, contrairement aux activités bancaires. C’est tout le problème. Il serait totalement impossible aujourd’hui de se passer complètement du shadow banking qui financent des entreprises et des crédits à risque, et il ne faudrait pas non plus se priver des innovations technologiques. Mais oui, il faut la réguler, sinon on risque de nouveaux déséquilibres.  Et ça les dirigeants du G20 l’ont rappelé. Une note, que publie aujourd’hui le think tank Terra Nova évoque plusieurs pistes pour que banques et finance parallèle soient mieux contrôlées : Imposer, par exemple, un capital réglementaire, taxer les transactions, couper les liens entre ces deux finances. Le G20 n’en est pas encore là, ça avance comme toujours lentement. Mais au moins le sujet est-il sur la table. 

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