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Le fol été du pétrole

Hier encore, on nous prédisait un pétrole à plus de 100 dollars le baril, ça arrivera peut être mais pas maintenant. En ce moment le pétrole n’a jamais été si bon marché. Depuis un an, l’or noir ne cesse de baisser, avec des minima record en cette fin d’été.

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Le cours du pétrole a chuté de plus de 60 % en un an. Hier à New York, le baril de Brendt se négociait à 46 dollars.  Ce matin, en Asie, il dépasse à peine les 40 dollars. Bonne nouvelle pour ceux qui, en rentrant de vacances, doivent remplir leur chaudière. Bonne nouvelle aussi pour les économies européennes dont le pétrole représente les trois quarts de l’énergie importée, ce sera moins cher. En France, avec une croissance zéro au dernier trimestre, on a bien besoin de cette bouffée d’air qui apporterait selon l’OFCE à l’ensemble de la zone euro 0,6 points de croissance en plus cette année.

Une baisse qui s’explique par une trop grande abondance de pétrole et par la baisse de la demande.

Il n’y a pas si longtemps, on nous disait qu’on aurait bientôt plus de pétrole. Aujourd’hui, il coule à flots, le pétrole de schiste américain, le retour de l’Iran sur les marchés, les vannes de l’Opep grandes ouvertes, mais aussi des sous-sols bitumeux ou tout simplement pétrolifères non encore exploités, comme au large de la Guyane, en mer du Nord et dans l’Arctique, les réserves seraient de quelques 1.500 milliards de barils, c’est plus que ce qu’on a déjà consommé depuis le début de cette industrie. Quant à la demande, elle pâtit du recul de la croissance chinoise et de la faible croissance mondiale .

Et ce sont les pays exportateurs et émergeants qui souffrent

Les Américains ont fermé ou mettent en sommeil des sites de pétrole de schiste et arrêtent l’exploration. La Russie, deuxième producteur mondial, a fermé une grande partie de ses puits. L’Arabie saoudite a dû puiser 60 milliards de dollars dans ses réserves pour boucler son budget. Le Venezuela qui vit à 96 % du pétrole affiche un déficit de 20 %, l’équateur fait 720 millions de coupe budgétaire. Même chez nos voisins norvégiens, riches d’un fonds de 700 milliards venus du pétrole, la Banque centrale a baissé ses taux pour soutenir l’économie. Les monnaies des émergents dégringolent , hier moins 20 % au  Kazhakstan. Les BRICS souffrent de la baisse du pétrole et des matières premières en général, autant que du ralentissement chinois. A terme, cela n’est pas forcément bon pour nos exportations.

Des entreprises sont aussi entraînées dans la tourmente 

Oui mais pas encore les majors compagnies, Total par exemple, résiste car elle a déjà réduit ses effectifs et sa voilure notamment dans l’exploration. Ce sont surtout les entreprises qui gravitent autour du secteur qui souffrent. Chez le groupe de services britannique Wood Group, 13 % de l’effectif en moins depuis décembre. 410 postes chez le suisse Sulzer qui fabrique des pompes pour oléoducs. 550 départs en France chez Vallourec qui vend des tubes sans soudure. Et on ne sait pas très bien où ça va. Le pétrole inquiète autant que l’économie chinoise.

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