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Le décryptage éco. Sanofi, une entreprise qui va bien, mais qui multiplie les plans de restructuration

Sanofi a annoncé un nouveau plan de départs volontaires, avec la suppression de 300 postes en France, principalement en recherche et développement. Un coup dur pour les salariés, surtout que ce n’est pas le premier plan social. Le décryptage éco de Fanny Guinochet (l'Opinion).

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Sanoffi a engendré 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018, et représente plus de 100 000 collaborateurs dans le monde.
Sanoffi a engendré 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018, et représente plus de 100 000 collaborateurs dans le monde. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Pourquoi Sanofi, ce fleuron français, passe-t-il son temps à se restructurer ? Parce que les marges de croissance à deux chiffres, c’est terminé ! Le modèle économique des laboratoires pharmaceutiques a beaucoup changé. Y compris pour Sanofi.

Pour schématiser, on peut dire que le Doliprane ne nourrit plus son homme : c’est-à-dire qu'on assiste à la fin des logiques de produits de masse. Avant, les laboratoires développaient un médicament, qui ensuite leur rapportait de l'argent sur le long terme. C’est ce qu’a fait Sanofi en matière de traitement du diabète, par exemple. Le problème ? Même avec de plus en plus de personnes diabétiques, le marché est aujourd’hui saturé. Les prix des médicaments ont beaucoup baissé. Même le marché nord-américain n’est plus ce qu’il était, au niveau prix. En France, la Sécurité sociale réduit ses remboursements. Bref, Sanofi gagne moins d’argent sur ce créneau.

La course à LA nouvelle molécule 

Pour compenser, Sanofi cherche LA nouvelle molécule, le nouveau brevet pour développer de nouveaux traitements contre les pathologies. Depuis deux ans, le groupe met l'accent sur la recherche contre les cancers. Un énorme marché, sur lequel il espère rattraper son retard. Il a également prévu d’investir plus dans les thérapies géniques. Mais cette course à la pépite est très concurrentielle, et tous les gros laboratoires comme Novartis, GsK, Johnson&Johnson ou Roche rivalisent. Ils achètent des start-ups, s’allient avec des équipes de recherche, partout dans le monde, et font des acquisitions : c’est ce qu’on appelle en économie de la croissance externe.  

Ces investissements coûtent cher. Bien plus que "la recherche à la papa", comme avant, lorsqu’ils développaient en interne leur molécule. De plus, les essais pour tester les molécules se chiffrent en milliards. Sans compter qu’on personnalise de plus en plus les traitements : l’avenir est aux thérapies ciblées.

Résultat, pour payer tout ça, les labos se délestent vite (parfois trop vite selon les syndicats) des activités qui ne sont pas jugées assez rentables par les actionnaires !  

Sanofi, une entreprise qui va bien, mais qui licencie

Il y a encore cinq ou six ans, la valeur en bourse de Sanofi avait même dépassé celle de Total, le géant pétrolier ! Sanofi, c’est 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018, plus de 100 000 collaborateurs dans le monde, dont 25 000 rien qu’en France, implantés sur plus de dix sites partout dans le pays. C’est l’ancien Rhône-Poulenc, une entreprise privée mais intimement liée à l’État français. Sauf qu'aujourd’hui, les centres de décisions sont partis à l’étranger.

Dernier signe de cette vague de changement : c’est un Britannique, Paul Hudson qui prendra bientôt la tête du groupe français.                               

Sanoffi a engendré 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018, et représente plus de 100 000 collaborateurs dans le monde.
Sanoffi a engendré 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018, et représente plus de 100 000 collaborateurs dans le monde. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)