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Le décryptage éco. Report du Brexit : la livre sterling remonte, mais pas la bourse

Theresa May a-t-elle rassuré les milieux économiques et financiers ? Après ses déclarations, mardi, la livre sterling a immédiatement repris des couleurs.

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Theresa May, Première ministre britannique monte en voiture après avoir quitté le 10 Downing street à Londres (Grande-Bretagne).
Theresa May, Première ministre britannique monte en voiture après avoir quitté le 10 Downing street à Londres (Grande-Bretagne). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

L'économie britannique est actuellement bousculée. Cela fait suite aux dernières déclarations de la Première ministre Theresa May qui propose au Parlement de voter sur un Brexit sans accord ou sur un report "court et limité" de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 

Le marché a clairement interprété les propos de Theresa May comme un pas significatif pour écarter un conflit dur avec Bruxelles, mais tout reste à faire. Une phrase de la Première ministre et la livre sterling s'est envolée. La devise britannique a atteint ses plus hauts niveaux depuis un mois face à l’euro et au dollar. La livre est à 85 pence pour un euro et 1,31 face au dollar.  

L’économie britannique très dépendante de la livre  

Quand la livre sterling est basse, tout ce qui est importé au Royaume-Uni est cher car le dollar est plus fort que la devise britannique. La différence de change n'est pas faveur des clients britanniques. En revanche, quand la livre remonte (c’est le cas en ce moment), l'effet s'inverse : le prix des produits importés baisse et c’est bon pour le pouvoir d’achat des Britanniques.

La Grande-Bretagne est au cinquième rang des échanges commerciaux mondiaux. Elle importe essentiellement des produits de consommation courante – dont l'agroalimentaire – alors qu’elle exporte beaucoup de produits chimiques et de la pharmacie. C'est tout le paradoxe de l'économie outre-Manche : un relèvement de la livre sterling profite aux consommateurs mais pas aux exportations du pays qui deviennent plus chères et se vendent donc moins bien à l’international.  

La bourse de Londres fébrile  

Ce qui est vrai pour la livre sterling ne l’est pas pour les marchés actions. Mardi 26 février, la bourse de Londres a terminé en baisse. Une perte limité à 0,5% mais qui est montre bien la fébrilité des acteurs économiques. La déclaration de Theresa May n’est pas suffisamment claire ? Comme saint Thomas, les investisseurs attendent de voir pour croire. Les marchés ont horreur de l’incertitude. Et puis mardi, la Banque d’Angleterre a annoncé qu’elle se préparait à injecter plus d’argent dans l’économie pour la soutenir en cas de problème. Cette position d’alerte de la banque centrale du royaume a surpris au moment où Theresa May tentait de calmer le jeu.  

La situation est encore trop brouillonne aux yeux des opérateurs. Autant dire que les marchés vont rester instables pendant encore un bon bout de temps et les consommateurs britanniques continuer de vivre au grès des humeurs de la livre sterling. Quelle que soit l'issue du Brexit – avec ou sans accord avec Bruxelles –, quelle que soit la bonne volonté de Theresa May de rassurer tout le monde... le navire britannique continue de tanguer sérieusement.

Theresa May, Première ministre britannique monte en voiture après avoir quitté le 10 Downing street à Londres (Grande-Bretagne).
Theresa May, Première ministre britannique monte en voiture après avoir quitté le 10 Downing street à Londres (Grande-Bretagne). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)