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Le décryptage éco. Quel bilan économique de Valéry Giscard d’Estaing ?

Valéry Giscard d’Estaing a géré la France de la fin des 30 Glorieuses et de l’entrée dans la crise économique. Son bilan dans ce domaine avait un goût de modernité. Le décryptage éco de Fanny Guinochet.

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Valéry Giscard d\'Estain à l\'Elysée, le 26 juin 1980.
Valéry Giscard d'Estain à l'Elysée, le 26 juin 1980. (AFP)

Quand il devient président, la France prend le premier choc pétrolier de 1973 de plein fouet, puis, le second en 1979. Après 30 années de richesse, et de forte croissance, la France s'enfonce dans la crise. La balance commerciale se dégrade. C'est la spirale inflationniste.

À partir de 1976, avec Raymond Barre, qui deviendra son Premier ministre, Valéry Giscard d'Estaing mène alors une politique de rigueur budgétaire : gel temporaire des prix et des hausses de salaires, augmentation des impôts. On serre la vis, on s’endette. Raymond Barre aura d’ailleurs cette formule restée d’actualité : "La France vit au-dessus de ses moyens". À l’époque, la dette est autour de 20% du PIB (produit intérieur brut), ça fait rêver. Mais la pilule est amère pour les Français.

Giscard restructure la sidérurie, avec à la clef la suppression de plusieurs dizaines de milliers d’emplois. Le cap du million de chômeurs est franchi. Il met fin à l’immigration économique. C’est aussi cette politique d’austérité, souvent qualifiée de libérale, qui expliquera sa défaite en 1981, face à Mitterrand qui promet des lendemains meilleurs.

Des mesures encore d’actualité

On retiendra les allègements de charges pour les entreprises qui embauchent, des mesures spécifiques pour réduire le chômage des jeunes, la création d’une allocation "d'attente" pour les licenciés économiques qui leur garantit 90% de leur salaire pendant un an, une sorte de chômage partiel avant l'heure. Le "pacte pour l'emploi" de Giscard ou encore son plan de relance de 30 milliards de francs ressemblent beaucoup à certains dispositifs que l’on connaît aujourd'hui.

Giscard va également croire au projet de TGV, intensifier le développement du nucléaire dans le pays, moderniser le réseau téléphonique. Il sera aussi l’initiateur du G7, le club des dirigeants des pays les plus riches. Il donnera une impulsion décisive à l’axe franco-allemand, y compris au niveau économique. L'ancien président jette les bases de l'euro. Grand défenseur de l’Europe, il militait d’ailleurs ces dernières années, pour que l'Union se rassemble autour d’une fiscalité et d’un trésor commun. Il aura fallu la crise du Covid-19 pour que l’Europe fasse un pas dans cette direction.

Enfin on l’a oublié, mais avant d’être président de la République, Valéry Giscard d'Estaing était le "meilleur argentier" de De Gaulle. C’est comme ca que le général le surnommait. Dès 1959, VGE était le secrétaire d’État puis le ministre de l’Économie de De Gaulle. Il sera aussi celui de Georges Pompidou président. Avant d’entrer à l’Élysée, Giscard avait donc fait ses armes au ministère de l'Economie, qui à l'époque était encore installé rue de Rivoli. Il était inspecteur des Finances, un parcours qui rappelle celui d’Emmanuel Macron.

Valéry Giscard d\'Estain à l\'Elysée, le 26 juin 1980.
Valéry Giscard d'Estain à l'Elysée, le 26 juin 1980. (AFP)