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Le décryptage éco. Nicolas Hulot parti, Emmanuel Macron tiendra-t-il sa promesse de baisser la part du nucléaire ?

Que va-t-il advenir de la feuille de route énergétique de la France et notamment la question du recours au nucléaire, depuis le démission de Nicolas Hulot ? Le décryptage de Fanny Guinochet.

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La centrale nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse).
La centrale nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse). (JEFF PACHOUD / AFP)

En démissionnant, Nicolas Hulot laisse en suspens la feuille de route énergétique de la France et notamment la question du recours au nucléaire. Cette feuille de route, la programmation pluriannuelle de l'énergie, devait être bouclée cette rentrée. Elle doit mettre en œuvre le plan de transition énergétique de la France pour les 10 prochaines années et comporter un important volet concernant le nucléaire. Car notre pays est très particulier : la part du nucléaire atteint 75% de notre production d’électricité

Nicolas Hulot était un fervent défenseur de la sortie du nucléaire : il s’était engagé à veiller à ce qu'Emmanuel Macron tienne sa promesse de descendre en dessous des 50% de notre consommation en électricité. Sachant que cet objectif au départ fixé pour 2025 avait déjà été repoussé. Justement, on devait avoir des précisions sur le calendrier. Est-ce que le report serait pour 2030 ? 2035 ? Le ministre de la Transition écologique disait suivre le sujet de près.

 Vers un gel des fermetures de centrales 

Baisser le recours au nucléaire, ça veut dire fermer des réacteurs. Pour atteindre 50%, il faut stopper une vingtaine de réacteurs, sur les 58 en activité dans l’Hexagone. Ce qui veut dire des emplois en moins et inévitablement un bras de fer avec les industriels. Et en premier lieu EDF. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe pour les réacteurs de Fessenheim dans le Haut-Rhin : la fermeture est actée mais sans cesse repoussée.

Il y a quelques semaines encore, Nicolas Hulot promettait de donner un "échéancier" précis des fermetures et de dire quels réacteurs seraient concernés. Il en faisait même une ligne rouge. Forcément, avec son départ, le dossier risque d’être gelé. 

Le retour du dossier des EPR

Le départ de Nicolas Hulot est sûrement un obstacle en moins pour EDF, qui traîne des pieds pour fermer ses vieux réacteurs. L'entreprise milite aussi pour la construction rapide d'un autre réacteur de troisième génération, ce qu’on appelle EPR, après celui de Flamanville dans la Manche. Nicolas Hulot était opposé à un EPR supplémentaire. Cela étant, vu le fiasco de Flamanville, qui accumule les retards et les surcoûts, le gouvernement se laissait le temps avant de donner le feu vert. C’est plutôt une histoire de crédibilité industrielle. 

Cela pose la question de notre modèle économique en matière d’énergie : c’est ainsi que Nicolas Hulot l’a présentée mardi 28 août. Si on veut s’engager dans une réelle transition vers plus de renouvelables, tous les secteurs de l’économie seront impactés : le transport, le logement, l'alimentation, la consommation... Cela signifie aussi des investissements très lourds qui se comptent en milliards d’euros et que le gouvernement doit accompagner alors qu'il a du mal à boucler son budget.

La centrale nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse).
La centrale nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse). (JEFF PACHOUD / AFP)