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Le décryptage éco. Le modèle économique allemand à l'arrêt

L'Allemagne connaît une croissance atone. Le moteur allemand a du mal à repartir. Est-ce la fin d'un modèle ? Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Une usine d\'assemblage de voitures Mercedes à Rastatt (Allemagne), le 4 février 2019.
Une usine d'assemblage de voitures Mercedes à Rastatt (Allemagne), le 4 février 2019. (THOMAS KIENZLE / AFP)

Que se passe-t-il en Allemagne, qui connaît une économie vacillante ? Le ministère de l’Économie allemand évoque un "coup d’arrêt". Selon lui, il faut s’attendre à un ralentissement marqué pour ce deuxième trimestre. Pourtant, la première économie d'Europe avait retrouvé un peu de vigueur en ce début d’année 2019 après une année 2018 difficile, où l’Allemagne avait frôlé la récession, Mais, patatras, les tensions commerciales internationales ont pesé sur les exportations ! Rien que sur le seul mois d’avril, elles ont reculé de 3,7% c’est le plus fort repli observé depuis 2015  

Les exportations représentent quasiment la moitié de la richesse allemande et cela rend le pays très vulnérable quand les échanges commerciaux s’enveniment. Et en ce moment, on est servi : il y a le conflit entre la Chine et Washington mais aussi les tensions entre les Etats-Unis et l’Europe ou encore les incertitudes autour du Brexit. Du coup, les entreprises allemandes ont moins de commandes internationales que prévu. Elles réduisent leur production. Dans l’industrie notamment, le repli est très marqué, avec un recul d’1,9% rien que pour le seul mois d’avril. 1,9%, ça a l’air de rien, mais en Allemagne, l’industrie, c’est un secteur décisif. Dans les services ça va un petit peu mieux.

Le trou d'air pourrait durer. Il y a un risque parce que l’on ne voit pas les guerres commerciales se calmer tout de suite. Donald Trump menace toujours d’augmenter les droits de douanes sur les voitures importées, et on le sait, l’industrie automobile est très importante outre-Rhin. La Bundesbank, la banque centrale allemande, est d’ailleurs très inquiète : la semaine dernière, elle a fortement abaissé ses prévisions de croissance, elle ne voit pas le produit intérieur brut progresser de plus de 0,6% cette année. Bien loin du 1,6% qu'elle prévoyait il y a encore quelques mois.   

L'Allemagne, c’est l’exemple qu’on cite souvent en France, mais pour le coup, en matière de croissance, la France pourrait doubler l’Allemagne cette année puisque pour l’Hexagone, la banque de France prévoit toujours une croissance de 1,3% pour 2019. Même si l’Allemagne a des comptes dans le vert, une dette maitrisée, son modèle économique montre ses premières failles. Sans oublier, le marché de l’emploi allemand qui commence à souffrir. En mai, le nombre de demandeurs d’emploi en Allemagne a augmenté pour la première fois en deux ans. Même s’il reste très bas, il a de quoi nous faire rêver : il est à 5% contre 8,7 % en France.                     

Une usine d\'assemblage de voitures Mercedes à Rastatt (Allemagne), le 4 février 2019.
Une usine d'assemblage de voitures Mercedes à Rastatt (Allemagne), le 4 février 2019. (THOMAS KIENZLE / AFP)