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Le décryptage éco. La crise a fragilisé le système des retraites complémentaires

Syndicats et patronat se sont réunis lundi 21 juin pour évoquer l’avenir du système de retraites complémentaires, l’Agirc/Arrco, qui concerne 13 millions de retraités. Avec la crise, le système est fragilisé. Le décryptage de Fanny Guinochet

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Le siège social de l\'Association générale des institutions de retraite complémentaires des cadres et l\'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Agirc et Arcco) à Paris.
Le siège social de l'Association générale des institutions de retraite complémentaires des cadres et l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Agirc et Arcco) à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

À côté du régime de base de retraites, il y a le système de l’Association générale des institutions de retraite complémentaires des cadres et l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Agirc-Arrco) qui viennent compléter les pensions des cadres et salariés du privé.

Et ce n’est pas négligeable parce que ce régime peut représenter jusqu’à un tiers de la retraite. Alors que les comptes de ces retraites complémentaires étaient revenus dans le vert avant la crise, l’an dernier, à cause du Covid, ils se sont dégradés : il y a eu moins de cotisations à cause du chômage partiel et le régime a perdu 4 milliards d’euros de recettes. C’est beaucoup mais en même temps, à la différence du régime de retraite de base, l’ Agirc/ Arrco ont d’importantes réserves financières : plus de 62 milliards d’euros, dans lesquelles les partenaires sociaux ont déjà puisé. Mais ils ne peuvent pas piocher trop dedans non plus, car ce système des retraites complémentaires doit toujours avoir un bas de laine suffisant devant lui. C’est la règle. Et là, avec la crise, cette réserve ayant été entamée, les partenaires sociaux doivent prendre des mesures pour corriger les comptes.  

Ce n’est pas très populaire mais pour reconstituer la cagnotte de l’Agirc-Arrco, le patronat réfléchit non pas à baisser les pensions mais à geler temporairement les pensions des retraités. Avec cet argument : pendant la crise, ce sont surtout les salariés qui ont souffert en termes de revenus, pas les retraités ! Donc pas question d’augmenter les cotisations des actifs, qui est un autre levier pour renflouer les comptes. De leur côté, les syndicats  – FO et CGT en tête –  ne veulent ni amputer le pouvoir d’achat des retraités ni des salariés. Surtout que, selon eux, la dégradation des comptes de l’Agirc/ Arrco est loin d’être catastrophique. Il ne faut donc pas s’alarmer.

La négociation ne fait que commencer

La prochaine réunion des négociations est fixée au 13 juillet, et les discussions vont durer  tout le mois de juillet. Elles risquent de se faire sur fond d’un retour de la reforme générale des retraites. Le gouvernement envisage d'annoncer des mesures : comme le report de l’âge à partir duquel les assurés réclameraient leur pension.  Ce qui réglerait le problème financier de l’Agirc/Arrco, car ça voudrait dire aussi que les actifs cotiseraient plus longtemps.

Et ça ferait rentrer plus d’argent sans que syndicats et patronat n’aient finalement à assumer des décisions douloureuses.

Le siège social de l\'Association générale des institutions de retraite complémentaires des cadres et l\'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Agirc et Arcco) à Paris.
Le siège social de l'Association générale des institutions de retraite complémentaires des cadres et l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Agirc et Arcco) à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)